Retour sur la crise. La monnaie


https://static.blog4ever.com/2012/01/636480/l.gifa crise n’en finit pas ! Aucun jour ne se passe sans que les médias « officiels » ne nous répètent que nous en sommes les responsables, nous les adeptes de l’Etat providence, nous qui pensons naïvement que toutes les richesses produites sur la planète peuvent apporter au moins l’essentiel à tous les êtres humains.

Alors, pour battre en brèche ce discours convenu et culpabilisant, il convient d’essayer de mettre en avant les vrais responsables de la crise actuelle.

La grande responsable de nos difficultés actuelles est bien l’hégémonie impérialiste des USA. Ce sont en effet  les Etats Unis qui ont imposé à l’Occident le système néo-libéral qui nous accable aujourd’hui.

Les mécanismes en jeu dans cette « agression » sont nombreux : je m’intéresserai à celui qui est sans doute le plus déterminant, l’argent, et plus précisément à son support : la monnaie.

Au début, la monnaie était matérialisée par un métal précieux : l’or ou l’argent. A partir de là va se développer un processus irréversible de dématérialisation.

-La monnaie va prendre la forme de billets et de pièces équivalents à une certaine quantité d’or.

-Pièces et billets se sont ensuite détachés de plus en plus du support  physique. La valeur de ces pièces et billets n’étaient plus garanties par la possession concrète d’un quelconque métal précieux.

-Le 22 juillet 1944, les accords de Bretton Woods annulent l’étalonnement de la monnaie sur l’or pour imposer l’indexation sur le dollar.

Cette monnaie « déréalisée » est dite « monnaie fiduciaire ».

Mais les évolutions ont  continué.

Pièces et billets disparaissent à leur tour. Ils font place à des écritures comptables. (chèques, cartes de crédit, etc…). Cette monnaie est dite « scripturale » et représente de nos jours 90% de l’argent circulant dans le monde.

Le problème est que cette monnaie n’est plus « palpable » : elle est juste une « idée », l’idée que l’on se fait d’une somme donnée. Elle n’est plus un bien que l’on possède, elle est juste une éventualité. L’espoir de passer de l’idée à la réalité.

Une telle monnaie « virtuelle » crée un nouveau monde : celui des banques, monde d’initiés opaque et donc totalitaire. Ceux qui savent manipuler ce système deviennent les maîtres du monde. Ils ont le pouvoir absolu.

Ce pouvoir s’exerce prioritairement sur les politiques. Il n’est pas ici dans mon intention de débattre du pourquoi et du comment de la « fragilité » des politiciens face à ce pouvoir. J’en resterai aux constats sur des décisions politiques qui ont été et sont liées à ce pouvoir et à cet  assujettissement.

-le 22 décembre 1923 le congrès des Etats Unis donne à la FED (banque centrale américaine) le droit de fabriquer de la monnaie. La FED n’ayant de banque nationale que l’apparence, c’est la nation américaine qui perd son droit à créer sa monnaie.

En 1963, Kennedy est assassiné juste avant de mettre en circulation les premiers billets d’une monnaie fédérale.

Le 15 août 1971, Nixon met fin à la convertibilité dollar – or. L’Amérique peut donc fabriquer autant de dollars qu’elle le souhaite, et pour qu’ils puissent envahir le monde, il suffit de développer les échanges entre un maximum de pays. C’est le début de la mondialisation.

En France, la date fatidique est celle du 3 janvier 1973. Jusque là, l’Etat emprunte à la Banque de France sans aucun intérêt. C’est à cette date que le président Pompidou ancien responsable de la banque Rothschild fait voter la décision d’interdire à la France de créer sa propre monnaie. Désormais, la France emprunte aux banques et marchés privés. C’est la naissance de notre dette ! Depuis ce jour,  ce sont pas moins de 1500 milliards d’€ d’intérêts que la France a cumulés. Sans cette loi, La France ne serait pratiquement pas endettée aujourd’hui.

Le principal pouvoir des banques repose sur leur capacité de créer de l’argent à partir de rien !

Le mécanisme est très simple.

Lorsque vous empruntez une somme donnée à la banque, il suffit au banquier de taper la somme demandée sur un ordinateur. Lorsque l’on a terminé de la rembourser, la dette est électroniquement effacée. Mais ce qui ne disparaît pas, ce qui vient garnir l’escarcelle du banquier, ce sont les intérêts versés. Cet argent devenu  réel a bien été généré à partir de rien mais il vient tout de même enrichir la banque. C’est ainsi que l’argent des citoyens comme celui des Etats (donc encore des citoyens) se retrouve ponctionné par le système bancaire.

Pour arriver à leur fin, les banques et leurs traders disposent aujourd’hui d’outils d’une redoutable efficacité.  Ordinateurs et algorithmes spécifiques gèrent aujourd’hui la plus grosse part des transactions boursières. Ceci avec parfois de sérieuses ratées comme le révèle un article du « canard « enchaîné ».

« Le 8 mai, à 14 h 32, l’automate qui gère un des fonds de Waddell & Reed, un gestionnaire d’actifs établi au fond du Kansas, décide d’acheter un paquet d’actions. Pour se “couvrir”, le robot est programmé pour vendre simultanément d’autres titres. Pas de chance, ce jour-là, on est en pleine crise grecque, avec menaces sur l’euro. Le cours des titres largués par la machine baisse très rapidement. Flairant la bonne affaire, des centaines d’autres robots américains se mettent à acheter, en quelques dixièmes de seconde, les valeurs bradées. Mais quelques microsecondes plus tard, les mêmes robots constatent que les cours continuent à chuter. Affolés, ils revendent pour réduire leurs pertes. En 14 secondes, note le rapport, les titres ont changé 27.000 fois de mains. Trompé par cette activité factice, l’ordinateur de Waddell & Reed continue à vendre à tour de bras pour respecter la consigne gravée dans son disque dur. Il écoule en quelques minutes pour 4 milliards de dollars de titres. A 14 h 45, le mouvement gagne les marchés financiers classiques de Wall Street. Les ordinateurs sont programmés pour vendre à partir d’un seuil prédéfini. La barre étant franchie, ils ouvrent les vannes alors que personne, en face, ne veut acheter. La contagion gagne, et les machines bradent massivement. Des dizaines de titres sont touchés, certains perdant 60 % de leur valeur. En un quart d’heure, près de 2 milliards d’actions sont échangées dans un chaos complet. L’indice de la Bourse de New York s’effondre de 10 %.
Peu après 15 heures, les humains finissent par reprendre le contrôle de leurs machines. A 16 heures, après la fermeture de la Bourse, les autorités et les opérateurs décident d’un commun accord d’annuler toutes les transactions passées entre 14 h 40 et 15 heures. »

Ceci m’inspire deux commentaires :

            Ces technologies permettent de réaliser des fortunes dans des laps de temps infiniment courts, ou de conduire à la ruine.

            Les banques et leurs serviteurs ont pouvoir d’annuler les transactions qui risquent de leur faire perdre leur argent. Cette toute puissance est effrayante.

 

Chacun j’en suis certain verra clairement la relation entre la crise actuelle et l’évolution de la monnaie. Cette évolution montre en tous cas de manière éclatante que les crises actuelles ne sont en rien conjoncturelles. Aucune fatalité dans tout cela, mais la conséquence logique et préméditée  d’une vision du monde. Capitalisme, puis libéralisme, puis néo-libéralisme, puis ultra-libéralisme. A quoi peut-on s’attendre dorénavant ? Pour les peuples du monde, sans doute au pire !

 



10/01/2012
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Mais ils ne font guère mieux ceux d'aujourd'hui qui, avant de commettre leurs crimes les plus graves, les font toujours précéder de quelques jolis discours sur le bien public et le soulagement des malheureux.

Or ce tyran seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni de l'abattre. Il est défait de lui-même pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s'agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner.

Ce maître n'a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n'a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu'il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire.

La Boétie