Les vacances sont finies

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es vacances n’ont pas amené la paix sur le front du gaz de schiste, loin s’en faut.

Si les « pro-gaz » font le forcing  (à cela rien de bien surprenant), les informations ne cessent de tomber apportant leur lot d’arguments pour ceux qui s’y opposent.

De plus en plus d’experts mettent en doute le « bien-fondé économique » de la fracturation hydraulique. Un expert américain, Tim Morgan, avance même que  «La production des puits décline si rapidement aux Etats-Unis qu’ils ne seront jamais rentables». Pas moins ! Il n’hésite pas à parler de, « bulle spéculative » et la qualifie « d’absurdité économique ».

Allant plus loin dans son raisonnement, il conclut : «Quand les investisseurs le réaliseront,  cette industrie s’effondrera.»

En effet, malgré la véritable frénésie spéculative qui accompagne l’exploitation du gaz de schiste, la vérité oblige à dire qu’elle n’a jamais été rentable. On a beau outre-Atlantique vanter les mérites de « l’Arabie saoudite » du gaz, les investisseurs se montrent de moins en moins séduits par l’aventure.

L’argent se fait sur une « love story » très largement  surfaite. Les producteurs de gaz de schiste se paient  au tout début de l’exploitation en touchant des commissions initiales très élevées. Ils lèvent d’importants capitaux pour construire les puits, ces fonds étant trouvés sur le marché grâce à la vente sur de fausses promesses chiffrées des titres cotés des entreprises, telles Devon, Exxon, Chevron, Linn, EOG, ou Boardwalk Pipeline Partners . On notera au passage que ces entreprises ont toutes très nettement « sous-performé » en bourse sur deux ans comme sur cinq ans.

Malgré cet enthousiasme de façade, les puits sont exploités à perte. Les puits abandonnés ne sont même pas nettoyés ni mis en sécurité, les opérateurs gardant leurs confortables profits et laissant peser la charge de la réhabilitation sur les contribuables. On ne sort pas là non plus du schéma classique « privatiser les gains, mutualiser les pertes ». Pendant le court laps de temps de l’exploitation, les banquiers se sont empressés de toucher leurs bonus sur les ventes des titres.

D’après Tim Morgan, la production américaine n’est pas compétitive face à celle du Golfe, de la Norvège ou de la Russie. Même s’ils sont nombreux aux USA à essayer de prouver le contraire, la principale raison de cet échec tient au fait que la production des puits de gaz de schiste décline six fois plus vite que celle des puits conventionnels: elle peut chuter de 60% ou plus après douze mois. Cette piètre performance en fait une technologie trop coûteuse : à peine rentable avec un baril à 100 dollars, elle ne présente un intérêt qu’à partir de 120 dollars. Un dollar qui descendrait à 90 mettrait de nombreuses entreprises « sur la paille ». L’instabilité politique de nombreux points du globe, en maintenant un niveau élevé du prix du brut fait donc le bonheur des pétroliers. Surprenant ?

Nombre d’acteurs du secteur sont déjà surendettés, et de grands noms ont « quitté le navire ». Si l’on rajoute que les prévisions dans le temps sont fortement revues à la baisse, si on prend conscience que les réserves ont été considérablement surévaluées (La Californie a vu les siennes baisser de 96%...), si on note qu’en Pologne et en Angleterre, les promesses d’Eldorado s’éloignent à grands pas, On sent bien qu’il serait folie de se lancer dans cette exploitation au seul bénéfice des grandes major et des actionnaires. Il est temps de passer à autre chose, d’abandonner la dépendance aux énergies fossiles et au modèle de société qui lui est attaché. Les solutions existent, peut-être est-ce aux citoyens de les imposer maintenant.

 

 

 

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16/01/2015
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