La classe ouvrière ne doit pas se tromper de combat.


Les manifestations de ces derniers jours en Bretagne me posent question. Il est à mes yeux significatif de voir ouvriers, petits paysans, militants de la FNSEA et membres du MEDEF partager les mêmes slogans. On va certainement m’accuser de sectarisme, mais ce mélange des genres me gêne. La proximité de circonstance entre patrons et salariés dans une même protestation est pour le moins douteuse. J’ai le sentiment, ces derniers temps, que l’oligarchie a trouvé un nouveau mode opératoire pour à la fois asservir le monde ouvrier et attaquer en toute discrétion le gouvernement.

Faire reprendre ses slogans, faire faire le « sale boulot » par le petit peuple. Pour preuve, ce slogan entendu sur toutes les ondes, repris par toutes les chaînes de télévision, analysé par des économistes de pacotille : « le ras le bol fiscal »… Ce prétendu ras le bol repris à l’unisson par de nombreux français dont beaucoup ne sont à l’évidence pas accablés par l’impôt. Mais le ver fait son chemin, et pendant que les petites gens râlent contre les « mesures confiscatoires » prises par le gouvernement, les vrais bénéficiaires du système, eux, continuent à soustraire un maximum de leurs revenus échappant ainsi à une nécessaire solidarité nationale.

Un exemple ? Regardons l’entreprise SANOFI. Elle fait partie de ces innombrables entreprises à fort bénéfice qui en maniant les leviers nationaux et européens d’optimisation fiscale enlèvent des millions d’euros au fisc français. Le président du Medef Pierre Gattaz ne manque pas une occasion de hurler lui aussi son « ras-le-bol fiscal ». Mais ça, c’est devant les caméras. Dans les coulisses, avec ses amis du CAC40, le champagne coule à flots. Ces grandes entreprises se moquent pas mal de la fiscalité. Ils continuent à faire de confortables bénéfices qui vont pour l’essentiel dans les poches de leurs actionnaires, et en soustraient une part toujours plus importante à l’impôt.

Sanofi est dans cette dynamique. Il parvient à soustraire des millions à l’impôt dans la plus grande légalité. Est-il utile d’ajouter que dans le même temps, le groupe engage des plans de réductions d’effectifs. Quand une PME est taxée à 39 %, le taux d’imposition de Sanofi est de 8 %! Si on cumule toutes les réductions légales, ce sont quelques 144,6 millions de ristourne fiscale qui sont accordés  l’entreprise.

Alors, je dis que chacun doit bien prendre conscience d’où sont les véritables enjeux. L’opposition au gouvernement actuel, même si on peut la comprendre, ne doit pas entraîner le monde du travail dans une collaboration de classe mortifère. Méfions-nous de toutes les manipulations auxquelles nous sommes quotidiennement soumis. Il est des rapprochements qui sont « contre nature »… La conscience de classe doit redevenir l’étendard commun.

Les petites gens doivent cesser de servir la soupe des puissants.

 

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04/11/2013
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