Faut-il supprimer l'école privée?


https://static.blog4ever.com/2012/01/636480/l.gif'école publique, l'école pour tous, c'est 40 ans de ma vie. Découvrir qu'on délestait le budget de l'école publique de 10 millions pour les reverser à l'école privée m'a un peu agacé je l'avoue.
Mais pourquoi donc me direz-vous? Mais que faites-vous de la liberté dans le choix de l'école de ses enfants?
Je vais tenter de répondre:

Tout d'abord, un rappel:

En France, c'est la loi Debré de 1959 qui régit le financement public des établissements sous contrat d’association avec l’Etat. Ces établissements sous contrat représentent 97% des établissements privés. Les enseignants (141 400 en 2016), la formation, les frais pédagogiques, les frais de fonctionnement sont payés par les collectivités territoriales 'par vos impôts).
Dans les établissements privés, les frais de scolarité sont compris entre 366€ à l'école primaire et 650€ au collège en moyenne. L’enseignement privé de premier et de second degré, c'est environ 10% du budget de l'Education. L’école privée, ce sont plus de 7 milliards d’euros (7, 434 milliards dans le budget 2017) par an pour l’Etat.

Regardons maintenant les motivations des parents qui inscrivent leur enfant dans un établissement privé.
On aurait tort de penser que le fait religieux arrive en bonne place: à peine 10% des parents le font pour cette raison! Il convient plutôt de tourner le regard vers le contournement de la carte scolaire et les idées reçues à propos d'enseignants qui seraient meilleurs dans le privé, ou des conditions d'enseignement.

Nous sommes ici en plein cœur du problème. La ségrégation sociale, source première des inégalités scolaires, ne peut être combattue que par une même offre scolaire quel que soit le lieu d'apprentissage.

L'enseignement privé permet donc de s'affranchir de la carte scolaire dont le principal objectif était de maintenir la mixité sociale au moins à l'intérieur des établissements scolaires.

L’école publique c'est la scolarisation de tous, l'école privée c'est une sélection sur dossier, donc la négation du principe d'égalité. Le recrutement de l'école privée est également à analyser. Davantage d’élèves issus des catégories sociales « favorisées » à « très favorisées ». Au nom de la liberté de choix, on crée une offre scolaire à deux vitesse qui ghettoïse et fracture encore plus le tissus social.

Vous me rétorquerez peut-être que la société n'est pas égalitaire et qu'on voit mal comment, dans ces conditions, l'école, elle, le serait.

Peut-être ne serait-il pas stupide que l'Etat cesse de financer une seconde école qui crée de fait une concurrence malsaine et donc l'inégalité! Au nom de la laïcité, on peut condamner un état qui finance une école ouvertement inféodée à une institution religieuse. Au nom de l'égalité, l'état doit cesser de financer une école qui permet de se soustraire aux lois garantissant un égal traitement pour tous (carte scolaire).

L'Etat ne peut financer une école qui se place volontaire et ostensiblement en marge du système. On ne peut condamner le manque de moyens de l'école de la République et orienter une partie conséquente du budget de l'éducation vers une école qui contourne les règles de la République et ses principes.

Cette société est marquée par l'inégalité et une implacable compétition dont certaines familles entendent sortir vainqueurs en cultivant l'entre soi jusque dans l'école de leurs enfants.
Alors, la disparition de l'école privée n'est peut-être pas la solution miracle, mais au moins, elle aurait le mérite de mettre tous les enfants sur un pied d'égalité, par un égal traitement et une offre scolaire universelle. Ce serait au moins le moyen de redonner à l'école son rôle d'institution sacrée de la République!


 



16/12/2017
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