Traduction d'un article de Truth-Out.org


De bonnes nouvelles en provenance des USA. Le New Jersey tente d'interdire la fracturation hydraulique et les opposants se font de plus en plus nombreux.


L'article en anglais ici 

 

 

Notre traduction ci-dessous.

 

Le débat s’anime tandis que le New Jersey cherche l’interdiction (de la fracturation)

 

Par Mark Ludwig, Truth-out.org, le 16 mars 2011

 

Les législateurs du New Jersey ont présenté une loi la semaine dernière qui ferait de cet état le premier à interdire la pratique de la fracturation hydraulique, connue sous le nom de fracking, controversée et très mal règlementée, utilisée pour l’extraction de gaz naturel. La commission sénatoriale du New Jersey sur l’environnement a donné son accord concernant cette proposition de loi, en plein débat public sur la réglementation d’environ 10000 puits qui pourraient voir le jour dans le bassin de la rivière Delaware.

 

Cette proposition de loi, qui permettrait d’interdire définitivement le fracking est la première du genre, même si un mouvement contre le fracking, de plus en plus populaire, a déjà gagné certaines batailles auprès des autorités locales dans tout le pays, le grand public se référant aux preuves, de plus en plus nombreuses, que la fracturation hydraulique contamine les réserves d’eau.

 

Le fracking consiste à injecter des millions de litres d’eau et de produits chimiques (certains sont toxiques) dans les formations rocheuses du  sous-sol, afin de fracturer la roche et de libérer le gaz. Les termes utilisés dans le projet de loi du New Jersey font écho aux peurs des critiques les plus virulentes de la fracturation hydraulique, parmi lesquelles la réticence des industriels à révéler la nature des produits chimiques injectés lors des fracturations, mais aussi la tristement célèbre explosion d’un puits de fracturation le 3 juin, qui pourrait avoir déversé du gaz potentiellement explosif et environ 135000 litres d’eau contaminée dans le comté de Clearfield, Pennsylvanie.

 

Le schiste de Marcellus, une formation géologique souterraine riche en gaz naturel, qui s’étend à travers la majeure partie des états de Pennsylvanie et de New York, est devenu le principal cheval de bataille dans le débat sur la fracturation, alors que les industriels se précipitent pour exploiter de vastes réserves de fioul domestique à bas coût. A l’heure actuelle, environ 1500 puits de fracturation produisent du gaz en Pennsylvanie mais l’année dernière des manifestations ainsi qu’une campagne populaire dans l’état de New York ont mis la pression sur les législateurs pour instaurer un moratoire sur la fracturation, qui donnerait le temps aux organismes de réglementation d’évaluer les risques environnementaux potentiels. Le moratoire expire le 15 mai.

 

Aujourd’hui, l’industrie vise une portion du Schiste de Marcellus qui comprend 36% du bassin de la rivière Delaware, un vaste bassin versant qui fournit de l’eau aux 15 millions d’habitants des états de New York, du Delaware, de la Pennsylvanie et du New Jersey. La Commission du Bassin de la Rivière Delaware (DRBC), une agence au sein de laquelle officient des représentants des quatre états, a proposé un ensemble de règlementations concernant les quelques 10000 puits environ qui pourraient selon elle s’établir dans le bassin. Pour faire fonctionner autant de puits, il faudrait utiliser entre 55 et 75 millions de litres d’eau par jour, la plus grande partie de cette eau étant prélevée localement.

 

La commission pourrait approuver les règlementations dès le début du mois d’avril, déclarant  ainsi ouverte la saison de la fracturation dans le bassin de la Delaware.

 

Des centaines de personnes ont assisté à des réunions publiques traitant des nouvelles règlementations. Les opposants affirment que ces règlementations ne sont pas assez efficaces quant au contrôle des eaux usées issues de la fracturation. Ils clament également que la pratique elle-même devrait être interdite dans la région, alors que ceux qui soutiennent cette méthode déclarent que la fracturation va créer des emplois et stimuler la croissance économique.

 

Alors qu’ils s’attendent à ce que les règlementations soient bientôt approuvées, des citoyens de petites bourgades du bassin de la Delaware, et au-delà, poussent les élus locaux à se joindre à la liste sans cesse grandissante des municipalités qui ont interdit le fracking.

 

Les interdictions locales sont principalement des gestes symboliques mais elles envoient un message fort quand elles sont groupées à celles, plus médiatisées, qui ont été votées à Pittsburgh en Pennsylvanie et à Buffalo, dans l’état de New York, ou les conseils municipaux ont proscrit la fracturation hydraulique, fortement encouragés dans ce sens par les manifestations et campagnes populaires.

 

Jim Walsh, opposant à la fracturation, membre du groupe de surveillance Food & Water Watch (Surveillance de l’eau et de la nourriture), se dit impressionné par le nombre de citoyens  locaux qui se sont rassemblés pour s’opposer à la fracturation dans le bassin de la Delaware et au-delà, sans avoir été stimulés par des groupes écologistes nationaux.

 

« J’ai travaillé sur des campagnes comme celle-ci pendant des années et je n’ai jamais rien vu se réaliser comme ça », dit Walsh. « Il y a plein de gens différents qui se rassemblent pour maintenir [la fracturation] hors de leurs communautés. »

 

D’après Walsh, les gens sont très « excités » dès qu’il s’agit de protéger leur environnement et leur eau potable. Les responsables des états sont à l’écoute, au moins au New Jersey, ou 39 législateurs de l’état ont anticipé la proposition d’interdiction le mois dernier, en envoyant au DRBC une lettre qui leur demande de mettre un frein à l’approbation des règlementations jusqu’à ce que l’EPA (Agence de protection de l’environnement) ait terminé son étude sur les impacts environnementaux de la fracturation. Cette lettre affirme que les règlementations proposées sont trop prématurées pour être basées sur des faits scientifiques.

 

L’EPA a débuté une étude complète sur la fracturation l’année dernière après que les plaintes du public l’eurent forcé à reconsidérer un rapport de 2004 qui montrait que la fracturation ne représentait pas une menace pour les réserves d’eau. Le rapport de 2004 invitait le Congrès à exempter la fracturation des règlementations tombant sous le coup de la Loi pour une Eau Propre (Clean Water Act) et donnait le feu vert à l’établissement de milliers de puits de fracturation peu surveillés par l’état fédéral. Les résultats de l’étude en cours de l’EPA sont attendus pour l’année prochaine.

 



26/07/2012
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