Qui sont les gilets jaunes: enquête.


Ni fachos, ni même majoritairement de droite, ni anti-taxe, les stéréotypes concernant les gilets jaunes mobilisés, généralement invoqués pour discréditer ce mouvement de rébellion populaire, volent en éclat à la lecture de la première enquête de grande envergure publiée dans le monde aujourd'hui.

 

Ils et elles sont bien issus des classes populaires précarisées (33,3% d'employés, 14,4% d'ouvriers) et comptent un grand nombre d'inactifs dans leurs rangs (25,5%); sont essentiellement des primo-manifestants, qui se déclarent apolitiques, ni de droite ni de gauche, mais se classent à plus de 40% à gauche quand il y a affiliation revendiquée à une formation politique, contre 4,7% à l'extrême droite. La gauche radicale est même trois fois plus présente (15%).

 

Les femmes représentent la moitié des effectifs (45%). Les cadres sont bien rares, les ouvriers présents mais un peu moins représentés que dans la population française, tandis que les artisans le sont un peu plus.


Le pouvoir d'achat, les inégalités fiscalité et la question démocratique et institutionnelles constituent les thèmes majeurs de mobilisation. Au contraire, les revendications nationalistes, liées notamment à l’identité ou à l’immigration, sont extrêmement marginales, démentant l’idée d’un mouvement qui serait noyauté par les électeurs ou les militants du Rassemblement national. « Comme le souligne le sociologue Alexis Spire, auteur de Résistances à l’impôt, attachement à l’Etat (Seuil, 312 pages, 22 euros), c’est avant tout le sentiment d’injustice fiscale, plus prégnant chez les classes populaires, qui explique cette mobilisation. »

 

Yann Faure

 

Pour compléter :
https://www.lemonde.fr/…/gilets-jaunes-une-enquete-pionnier…

 



12/12/2018
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