Les camps de réfugiés sont une opportunité inexploitée pour le secteur privé.


Traduction perso d'un article du  Financial Times qui me laisse perplexe.

A vous de vous faire une opinion, mais je me pose la question: jusqu'où ira le capitalisme?

 


 

 

 

https://static.blog4ever.com/2012/01/636480/l_6657445.gif'ONU et la Société financière internationale ont conclu que es camps de réfugiés offriraient une opportunité d'investissement pour le secteur privé, en particulier lorsqu'ils sont associés à la communauté locale d'accueil, après avoir analysé l'économie de l'un des plus grands centres pour personnes déplacées du monde.

 

Les gouvernements et les agences de développement devraient faire davantage pour soutenir les investissements du secteur privé dans ces domaines, selon Philippe Le Houerou, directeur général de la SFI, la branche investissement de la Banque mondiale.

 

"Les conflits, la violence et les persécutions chassent plus de personnes de chez elles qu'à aucun autre moment depuis la Seconde Guerre mondiale, mais les aides gouvernementales pour relever ce défi sont limitéees ", a-t-il dit. "L'investissement du secteur privé pourrait faire une différence importante - en créant des emplois et des possibilités pour les réfugiés. Mais les investisseurs n'ont souvent pas l'information nécessaire dont ils ont besoin pour s'aventurer sur ces marchés."

 

La SFI et l'agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) sont parvenus à leur conclusion après avoir étudié Kakuma, une ville de 60 000 habitants dans le nord-ouest du Kenya qui accueille 180 000 réfugiés. La consommation annuelle totale des ménages dans ce qui est l'équivalent de la dixième plus grande ville du pays dépasse largement les 59,9 millions de dollars, sans compter les dons en nature aux réfugiés, selon l'étude - la première du genre dans le monde.

 

Il y a plus de 2 000 entreprises informelles dans le camp et 73 % des réfugiés ont un revenu régulier.

 

Le revenu disponible devrait également augmenter à Kakuma et ailleurs, à mesure que l'ONU et d'autres institutions s'orientent vers une aide en espèces plutôt que vers des dons en nature.

 

Raouf Mazou, le représentant du HCR au Kenya, a déclaré que l'approche des organisations d'aide aux réfugiés devait changer. "Nous avons vu comment notre intervention déshumanise parfois les réfugiés et comment elle les empêche de produire parce qu'ils bénéficient d'une aide humanitaire pendant une longue période de temps ", a-t-il dit. "Les réfugiés devraient faire partie de l'économie, les réfugiés devraient vivre normalement. La seule façon d'y parvenir est de s'associer avec le secteur privé."

 

D'importants défis empêchent les réfugiés de nombreux pays d'optimiser leur potentiel économique, ce qui dissuade de nombreuses entreprises d'envisager d'investir dans les camps de réfugiés, selon le rapport. Il s'agit notamment de restrictions à la propriété foncière des réfugiés, à leur droit au travail et à l'accès aux capitaux.

 

Anzetze Were, économiste du développement basé à Nairobi, a déclaré que le fait que les trois quarts des revenus des réfugiés de Kakuma provenaient de dons pourrait également dissuader les investisseurs puisqu'ils pourraient être supprimés.

 

"Si nous pouvons trouver des moyens d'utiliser les revenus [des réfugiés] pour créer des activités génératrices de revenus autonomes qui pourraient être utilisées pour développer des écosystèmes durables, alors cela fonctionnerait ", a-t-elle dit.

 

Michel Botzung, responsable Afrique de la SFI pour les situations fragiles et conflictuelles, a reconnu que le fait d'attirer des investisseurs privés dans les camps de réfugiés était " un défi parce que ce n'est pas dans les habitudes ".

 

"Il y a un élément de risque supplémentaire qui sera associé à l'investissement, dit-il. "Mais nous sommes prêts à aider les entreprises à s'y installer si elles sont convaincues qu’elles en tireront un bénéfice."

 

Il a indiqué que plusieurs clients de la SFI en Jordanie, qui accueille des centaines de milliers de réfugiés, avaient demandé à l'agence de les aider à investir dans les communautés pour personnes déplacées.

 

Josphat Nanok, gouverneur du Turkana - le comté où se trouve Kakuma - a déclaré que l'étude l'avait convaincu que la politique de gestion des réfugiés devait changer.

 

"Il souligne au gouvernement du Kenya l'importance de remodeler Kakuma avec sa population de réfugiés et d'hôtes dans un cadre urbain d'une manière organisée... qui encouragera les investisseurs à y venir."

 

 



14/10/2018
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