Le président de la division


https://static.blog4ever.com/2012/01/636480/l.giforsque l’on entend aujourd’hui Sarkozy prétendre à qui veut l’entendre que son souci premier est de lutter pour sauver et protéger les français, il est si pathétique  qu’on serait tenté de le croire. Seulement voila : le personnage est encore plus noir qu’on ne l’imagine. Pour preuve des déclarations et petites phrases qu’il a prononcées dans un passé récent : en fait lors des élections présidentielles précédentes.

 

Commençons par rappeler que dans un livre de 2001 ainsi que dans une interview en 2005, il se montrait un fervent défenseur du droit de vote des étrangers extracommunautaires aux élections municipales. Aujourd’hui, les choses ont bien changé ! Il vient de se prononcer contre ce droit que la nouvelle majorité du sénat vient de voter. Il perçoit sans doute ce droit de vote comme une forme de suicide politique. Cette position que ne renierait aucunement le FN, il la reprend à son compte pour  glaner les voix de l’extrême droite sans lesquelles, il le sait bien, il n’a aucun espoir d’être réélu.

 

Mais il ya plus encore. Les propos suivants rapportés par Bruno Lemaire aujourd’hui ministre de l’agriculture sont édifiants sur l’état d’esprit de ce président.

 

Voici un florilège court mais révélateur.

 

 "Pour faire de la politique, il faut cliver. On a le texte sur l’immigration : je dis pas qu’il est parfait, mais au moins on clive, les socialistes sont mal à l’aise. Et puis on a la prévention de la délinquance : je dis pas que c’est bien ou pas, la prévention de la délinquance, je dis que les Français attendent ça, ils veulent qu’on soit ferme, et ils voient que les socialistes sont mal à l’aise. Alors qu’est-ce qu’on attend ? C’est que du bonheur, ça !"

 

Les fautes de syntaxe sont authentiques.

 

Un autre exemple :

 

"Moi, j’ai dit : il y a une crise morale en France et cette crise, c’est la crise du travail. Bon, je prétends pas que c’est génial, mais c’est un point de départ. Il y a autre chose : la France, c’est pas fini. C’est un thème qui marche bien aussi. Je l’ai vu à Charleville-Mézières, un beau déplacement. Lorsqu’on dit aux gens qui sont là-bas : la fonderie, l’industrie, Charleville-Mézières, c’est pas fini, ils accrochent, je vous garantis qu’ils accrochent".

 

Et cet autre :

 

"Pour nous, l’élection de 2007 se jouera sur les électeurs de Le Pen. On les prend, on gagne. On les prend pas, on perd".

Je rajouterai enfin ces propos rapportés par Yasmina Reza dans son ouvrage « L’aube le soir ou la nuit ».

: "Je vous dis une chose. Si on n’avait pas l’identité nationale, on serait derrière Ségolène. On est sur le premier tour, mes amis. Si je suis à 30%, c’est qu’on a les électeurs de Le Pen. Si les électeurs de Le Pen me quittent, on plonge".

 

Et ce court dialogue :

 

Nicolas Sarkozy : (répétant une phrase de son discours de Bercy) 

« Entre Jules Ferry et 68, ils ont choisi 68… Bon, c’est limite mauvaise foi… »

 Yasmina Reza : 

« Je suis contente de te l’entendre dire… »

 NS : (il rit) Oui. C’est même terrifiant de mauvaise foi, mais enfin, il faut y aller !"

 

Voila qui dépeint parfaitement le candidat Sarkozy. Un homme prêt à tout, prêt à dire n’importe quoi pour peu que cela serve son ambition. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Vous ne trouverez dans ces propos nulle trace du soucis du bien commun, mais la seule volonté d’œuvrer pour sa réélection.

 

« cliver » la société : la découper méthodiquement en strates que l’on s’ingénie, avec l’aide de lieutenants serviles et dévoués, à dresser les unes contre les autres. Gauche-droite, progrès-réaction, prévention-répression, public-privé, travailleur-chômeur, français-immigré, malade-bien portant, chrétiens-musulmans…etc…

 

Peu importe le thème choisi pourvu qu’il « embête » les socialistes. Coller aux sondages, trouver des thèmes qui plaisent à l’opinion, peu importe qu’ils soient bons ou mauvais. Quitte à chasser sur les terres du FN.

 

Voilà donc clairement livrée la personnalité politique du Président : un homme qui est prêt à dire n’importe quoi  pourvu que ça serve son ambition. Et qui, pour conquérir l’Elysée, a attiré vers lui les électeurs du Front national, flattant ainsi ce qu’il y a de plus bas dans l’âme humaine : la haine, l’exclusion, le repli sur soi, le racisme, la violence. Ce président-là n’est assurément pas celui qui va nous conduire vers la paix sociale et le partage, vers la cohésion, la solidarité, la tolérance.

 



10/01/2012
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