Le droit de dire NON!


Gaz de schiste ou Fukushima, il est clair que deux clans se font face. Les pro et les anti. Si l'on essaie de faire preuve d'un peu d'ouverture d'esprit, force est de constater que les arguments des uns et des autres sont la plupart du temps recevables. Affirmations et contre arguments se justifient et "tiennent la route". Je me dis donc que dans un tel déferlement d'informations, il est bien difficile pour le citoyen "ordinaire" que je suis de se faire une opinion et de s'y tenir. J'avoue que parfois, malgré mes certitudes, je suis ébranlé par certaines affirmations. Pour continuer ma route avec ce que je possède de conviction, arrive un temps où je dois choisir dans ce qui m'est proposé comme explication. Je dois choisir, certes, mais avec quels critères. L'objectivité de l'information? Où est-elle? La compétence des journalistes et divers intervenants? Qui sont-ils et qu'est-ce qui leur donnerait de la légitimité? Reste alors ce que j'appelle mon intime conviction, une approche certainement subjective, certainement plus axée sur l'affect que sur la science pure. Mais dans la mesure où la science émet des avis contradictoires et s'est si souvent trompée, nous a si souvent menti, pourquoi mon intuition n'aurait-elle aucune valeur? J’essaie donc de me faire une idée "de bon sens". Mettre en perspective certaines informations que j'isole parce qu’elles me correspondent. J'avoue savoir qu'en fait je ne suis pas "objectif". Mais dans ces deux sujets, qui peut prétendre l'être? Je me dis que les avis "autorisés" nous entraînent peut-être sur une mauvaise pente. Je me dis que n'étant pas un spécialiste ni un décideur, je n'en ai pas moins le droit d'émettre une opinion. Et mon opinion est que nous pouvons faire sans. Sans les gaz de schiste, sans ce parc nucléaire menaçant. Que toujours plus de pollution et toujours plus de risques industriels n'est probablement pas une fatalité. Je me dis en regardant les levers de soleil sur mes causses que j'ai le droit de demander à ce que l'avenir respecte tout ça, comme j'ai le droit de dire qu'il serait temps de le respecter partout dans le monde. Je me dis que le sentiment que les gens de la terre ont de leur patrimoine naturel leur permet de sentir qu'on les conduit vers une catastrophe. Je sais que ces arguments ne sont pas recevables par ceux qui décident pour nous, mais je veux croire qu'un jour nous parviendrons à les imposer comme une nécessité vitale. Même si nous n'avions plus à leur opposer que notre désir de paix, de beauté et de sérénité, il faudrait le faire. Si on avait demandé il y a trente ans à 1000 japonais pris au hasard s'il fallait construire une centrale atomique sur une faille sismique, probablement tous auraient répondu "bien sur que non!". Aujourd'hui, nous devons être cette voix qui dit "NON!"

 

 



17/01/2012
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Mais ils ne font guère mieux ceux d'aujourd'hui qui, avant de commettre leurs crimes les plus graves, les font toujours précéder de quelques jolis discours sur le bien public et le soulagement des malheureux.

Or ce tyran seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni de l'abattre. Il est défait de lui-même pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s'agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner.

Ce maître n'a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n'a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu'il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire.

La Boétie