L'argent qu'ils n'iront pas chercher


Décidément, rien de changé avec ce gouvernement ! La même analyse, les mêmes réponses. La crise, la dette, la nécessité de tailler dans les budgets, la difficulté de trouver quelques petits milliards. Les mêmes réponses dis-je, toutes aussi peu courageuses les unes que les autres, toutes aussi peu volontaristes, toutes qui utilisent les mêmes « ficelles » en évitant bien de « taper » où se trouvent les vraies possibilités de récupérer l’argent nécessaire au bien commun.

 

Et pourtant ! Si l’on se tourne du côté de l’imposition des entreprises, on a le sentiment qu’il y a là un vrai pactole non exploité. Pire, un vrai pactole volontairement ignoré, volontairement passé sous silence.

 

Un petit graphique est en la matière bien plus explicite que de longs discours.

 

 

Cliquer pour agrandir

 

Saisissant non ? Alors qu’en théorie, le taux d’imposition des grandes entreprises devrait être de 33,33%, comment en arrive-t-on à cette situation ubuesque où plus une entreprise est de grande taille et moins elle paie ?

 

Doit-on par exemple regarder du côté des niches fiscales ? Le Conseil des Prélèvements Obligatoires a publié une analyse en 2010. Qu’y découvre-t-on ? Que les quelques 293 niches fiscales bénéficiant aux entreprises ont représenté pas moins de 35 milliards d’€. Mais ce n’est pas tout ! Le régime de l’intégration fiscale a coûté 19,5 milliards d’€ en 2008, le régime des plus-values à long terme de cession de titres de participation a coûté 6 milliards d’€ en 2009, le régime des sociétés mères/filles a coûté 34,9 milliards d’€ en 2009. La liste n’est pas exhaustive…

 

On pourrait évoquer d’autres pistes comme la prime pour l’emploi par exemple. Que dire d’un système qui coûte 3 milliards d’€ à l’Etat pour permettre à près de 9 millions de salariés de percevoir un revenu « acceptable ». L’Etat se substitue ainsi aux entreprises privées qui peuvent lieux rétribuer les actionnaires au détriment de leurs propres salariés.

 

Autre piste encore, celle de la fraude fiscale. Cette fraude évaluée à 20,5 milliards d’€ par la Cour des comptes en 2010, n’a depuis pas été réévaluée ? Nombreux sont ceux qui estiment ce montant très largement sous-évalué.

 

Si vous totalisez tous ces chiffres, vous êtes subitement pris de vertige ! On est très au-delà des quelques misérables milliards que le gouvernement fait mine de ne pas trouver. Seule manque apparemment la volonté politique de faire payer à chacun dans ce pays à hauteur de ses capacités. Au lieu de cela, j’ai bien peur que les mêmes causes entraînant les mêmes effets, ce sont encore les mêmes qui vont faire les frais des indécisions gouvernementales.

 

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05/07/2012
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