Cahors le 15 décembre


https://static.blog4ever.com/2012/01/636480/a.gifprès les manifestations du 15 décembre, j’ai décidé de ne pas réagir immédiatement. Il est des sujets et surtout des moments qui doivent inciter à la prudence !

 

Je ne vous parlerai que de ce que je connais, beaucoup devraient en faire de même d’ailleurs. A Cahors, où nous manifestons depuis le début de la mobilisation, le rassemblement de ce samedi a incontestablement amené moins de personnes dans la rue. Je dirai sans crainte de me tromper que nous étions deux fois moins nombreux que la semaine précédente. Face à ce constat, on essaie de trouver des raisons objectives, de ne surtout pas céder à la tentation au renoncement. Plusieurs facteurs sont probablement à prendre en compte. Certains s’étaient rendus à Toulouse, d’autres à paris. La météo, et oui, certains craignent le froid, la lassitude face à un mouvement qui se répète mais ne semble pas encore à même de faire plier le pouvoir, la période où les gens sont plus nombreux dans les magasins et sur les trottoirs que sur le bitume, le manque d’intérêt, le manque de solidarité, le manque de volonté d’affronter ce pouvoir, ou tout simplement une forme de consentement à ce qu’il nous impose et l’impose plus fortement encore aux plus fragiles. Renoncement, avec toujours des arguments tous aussi fallacieux les uns que les autres, toujours cette idée que rien ne sert à rien, que ça pourrait être pire… Et tous les poncifs habituels.

Peut-être également l’état d’esprit d’une petite ville de province, depuis laquelle la violence du pouvoir semble tellement éloignée… Illusion du havre de paix dans un monde de violence.

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Toujours est-il qu’il faut, même ici, se poser la question de la suite du mouvement. Sans soutiens plus explicites de l’ensemble de la population, sans relais dans l’opinion, le mouvement s’essoufflera, la belle énergie dont certains font magnifiquement preuve se diluera. Car ils restent motivés les gilets jaunes, ils restent mobilisés, ils n’entendent rien céder. Ils ont pris quelques habitudes nouvelles. Celle de se retrouver, d’agir ensemble, de se parler, de rencontrer des gens qu’ils n’auraient jamais rencontré sans tout ça, de venir dans la lumière, d’être considérés, d’être solidaires.

 

Alors, je crois que tout ça va continuer. Macron a fait donner l’artillerie lourde dans les grandes villes. Au prétexte de casseurs infiltrés, on se demande en fait qui les a infiltrés, il a fait subir à des milliers de français les pires violences. Il a mis en avant ses hordes de soudards casqués, enfumé les rues des grandes métropoles, gazé, bousculé, blessé, mutilé, arrêté, jugé à la va vite, emprisonné! J’allais dire embastillé !

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On a vu un ministre de l’intérieur se féliciter de l’entente avec les dirigeants de la SNCF pour avoir empêché les gilets jaunes d’accéder à Paris. Tristes souvenirs que cette complicité état SNCF…

 

Même de notre calme province, nous avons bien le sentiment que ce pays a perdu une grande parcelle de liberté, et qu’à la violence économique est venue s’ajouter la violence physique des forces du désordre.

 

Je crois que ce qu’il ressort de ce samedi, c’est bien cela. Un pays qui s’enfonce dans la colère et la répression. Un monarque absolu et sourd qui veut faire taire coûte que coûte un peuple qui prend la parole. Alors, j’ai la faiblesse de croire que quoi qu’il advienne, ce président sera un jour puni pour ce qu’il a fait subir au pays. Mais je crois aussi que beaucoup de gilets jaunes ont découvert dans ces actions une vie collective, des gens pour y participer avec eux, ont relevé la tête, ont agi, proposé, et je crois que jamais ils ne l’oublieront !

 



Virginie Munte

 

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Guillaume Savaete



16/12/2018
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