Obsèques de Nelson Mandela, nous aurions du demander pardon...


Belle unanimité mondiale devant la dépouille de Nelson Mandela aujourd’hui. Comme si le grand homme avait enfin gagné son pari d’unification, de paix, de fraternité.

 

On en oublierait, au travers de tant d’hommages la réalité d’un passé pas si lointain.

 

Souvenons-nous : La France et certaines de ses grandes entreprises ont été des soutiens efficaces et zélés au régime raciste de Pretoria. Ventes d’armes, centrales nucléaires en particulier, le tout au nez et à la barbe des sanctions des Nations Unies. Qui s’insurgeait alors ?

 

Pour ceux qui auraient oublié donc, retournons à l’année 1964. C’est l’année de la condamnation de Nelson Mandela. Combien de pays le considèrent-ils alors comme un terroriste infréquentable ? La France de De Gaulle n’a pas de scrupules et multiplie ses ventes au régime de l’apartheid par 3. Si on ajoute les ventes d’armes, la France est le deuxième fournisseur de l’Afrique du Sud après le Royaume uni mais devant les USA. Ce ne sont pas moins de 85 entreprises qui opèrent dans ce pays.

 

Citons dans le désordre la Compagnie générale d’électricité, Renault et Peugeot, la famille Wendel, Dumez, Spie, la Compagnie françaises des pétroles, future Total, EDF, Framatome pour le nucléaire, les banques Crédit Lyonnais, Banque d’Indochine et de Suez.

 

Toutes ces entreprises utilisent sans vergogne une main d’œuvre « abondante et peu coûteuse » fournie par le régime ou financent ses exactions.

 

Les Noirs, le premier ministre de l’époque en parle ainsi. « II est vrai qu’il y a des Noirs qui travaillent pour nous. Ils continueront à travailler pour nous pendant des générations, même si l’idéal serait de nous en séparer complètement (...). Mais le fait qu’ils travaillent pour nous peut ne jamais leur permettre de revendiquer leurs droits politiques. Ni maintenant, ni dans le futur, ni dans aucune circonstance ». L’état français et les entreprises n’ignorent donc rien du système qu’ils contribuent à alimenter et à maintenir !

 

En France, les anti-apartheid sont cependant bien isolés. Si dans les pays anglo-saxons, d’importantes campagnes de boycott s’organisent, en France, les mouvements qui, dans les années 70, mènent des campagnes contre l’apartheid restent très rares.

 

En 1964 toujours, la France devient le principal fournisseur d’armes du régime sud-africain alors que les anglais imposent l’embargo, l’État français prend le relais. Dassault dans ce domaine se taille la part du lion.

 

L’histoire de l’Afrique du Sud est ainsi lourde de complicités et de compromissions.

 

Alors, aujourd’hui, alors que celui qui a bousculé et renversé ce régime inique va être mis en terre, j’ai pensé nécessaire de rappeler ces quelques petits points d’histoire.

 

Je suis de ceux qui ne pensent pas qu’il faille sans cesse se tourner vers le passé, mais par contre, je crois au devoir de mémoire.

 

Et aujourd’hui, il est des dirigeants qui, au lieu de faire l’éloge du grand homme auraient du commencer par demander pardon à tout un peuple, toute une nation, pardon à l‘humanité pour ceux qui, avant eux, avaient soutenu l’insoutenable.

 

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10/12/2013
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