Lettre ouverte d'un paysan béarnais de 91 ans à Macron.


Biographie 

Il part en Indochine en 1949 dans une unité de béret rouge. Blessé, il reçoit la légion d’honneur et la médaille militaire.

En 1953, il reprend la ferme de ses parents et est élu "premier paysan de France" au concours du CNJA-SIMA, interviewé à ce titre par Jacques Chancel et reçu "maître en gai savoir" du Félibrige en 1957.

En 1967, il est le premier présentateur du festival de Siros, dédié à la chanson béarnaise. Il est vice-président de l’Académie de Béarn en 1970, président de la Fédération française de l’agriculture en 1982, élu conseiller régional d’Aquitaine en 1988.

Alexis Arette, chevalier de la Légion d'Honneur, est un agriculteur béarnais, écrivain, homme politique et poète français né en 1927, combattant volontaire en Indochine. Emprisonné pour cause "d'Algérie Française ", il le sera à nouveau en tant que Président National De La Fédération Française de l'Agriculture.

 


 

 

Le 4 Janvier 2018

 

A : monsieur Macron, Président de la République Palais de l’Elysée  Paris

 

De :

Alexis Arette  Paysan retraité  Invalide de guerre  24 La Carrère   64230 Momas

 

Monsieur le Président,

Lorsque vous avez présenté vos vœux aux français, ma femme venait de recevoir le nouvel avis d’imposition sur sa retraite Agricole. Celle-ci passait de 6, 50 % à 8,50.Cette nouvelle l’a empêchée de goûter vos propos à leur juste valeur.

Je sais bien que ma femme ayant eu quelques enfants de plus que la moyenne, et ayant été quelques années chef d’exploitation, est une privilégiée avec une retraite de 850 Euros mensuels, alors que certaines de nos agricultrices n’en touchent que la moitié ; mais son caractère la porte à se référer à la devise républicaine qui contient toujours le terme Egalité.

Or, dans une nation ou quantité de citoyens touchent 10 fois plus qu’elle, et ou Sénateurs et députés viennent d’augmenter leur traitement d’un montant équivalant à ce qu’elle perçoit par mois, cela lui paraît faire un peu désordre, et je crains qu’elle ne finisse par porter des jugements répréhensibles sur le chef de l’Etat. Et comme, en tant qu’agriculteur, je touche un peu moins qu’elle, vous comprendrez que mes arguments contraires en votre faveur ne lui paraissent pas recevables…

C’est qu’en fait je suis un mauvais agriculteur m’étant un instant distrait de mes labours pour être combattant volontaire dans une guerre que je croyais nationale. En fait, la France depuis De Gaulle était devenue l’Hexagone, mais les cérémonies du 11 Novembre faisaient encore illusion. Je pense qu’aujourd’hui les Hexagonaux sont devenus plus réalistes que je ne l’étais, et que s’il y avait ordre de mobilisation pour sauver l’Hexagone en danger, la jeunesse prendrait le maquis, puisque de toute façon l’Hexagone a pris l’habitude de perdre les guerres.

Mais j’en reviens à l’essentiel, car bien que n’ayant pas voté pour vous, je suis votre expérience avec intérêt. Vous êtes, Monsieur le Président, très bien construit sur le plan intellectuel, mais l’intelligence n’est qu’une qualité et pas une vertu. Pour l’instant vous nous parlez avec intelligence, mais nous n’en saurons la qualité qu’à ses résultats puisque l’arbre se juge à ses fruits. Et l’Evangile m’a appris qu’il était des figuiers stériles. Pardonnez-moi cette référence si peu laïque. Elle contrevient à la morale républicaine qui faisait dire à Monsieur Pelletant : "Et si les événements viennent trop brutalement infirmer nos prévisions, nous nous consolerons en songeant qu’ils ont tort !"

Une opinion populiste mal éclairée vous fait grief d’avoir recruté en dehors des braves gens qui, écœurés par les partis de gouvernement, vous ont fait confiance, quelques déjections des anciens régimes. Il est certain que les Collomb, Lemaire, le Driant, et Castaner entre autres, ne sont pas des perdreaux de l’année. Mais en ce qui me concerne, je comprends très bien votre choix. Dans la situation actuelle un pouvoir directif doit s’imposer. Le mérite de Monsieur Fillon, d’ailleurs, aura été, outre ses déclarations d’amour à son épouse, de dire clairement aux Français que nous étions en faillite. Il est donc certain que des esprits libres et capables d’initiative dans le gouvernement pourraient contrarier vos décisions. Il vous fallait donc choisir des êtres absolument serviles et c’est ce que vous avez su faire. En accordant à vos ministres du genre une situation inespérée, et étant donné que vous n’auriez aucune peine à les remplacer, vous vous êtes assuré d’une fidélité à toute épreuve.

L’important c’est que vous, vous restiez maître du terrain pour assurer la rapidité des réformes nécessaires.

Pour avoir succédé à un cloporte multidimensionnel qui faillit nous faire entrer en guerre avec la Syrie, et qui contribua à ce que Monsieur Poutine s’allie avec la dangereuse Chine, je mesure l’effrayant héritage qu’il vous faut assumer. Déjà la Chine s’était intéressée à nos aérodromes, car elle forme des milliers de pilotes destinés à couvrir les besoins du monde entier, et voici qu’elle achète, à des prix qui ne peuvent être concurrencés, des terres qui étaient nécessaires à notre autonomie alimentaire. Cela certes démontre d’abord, depuis le projet morticole du Gaullisme, la totale incapacité des ministres de l’agriculture, et surtout la faillite d’un syndicalisme Agricole soviétisé par le dénommé Chirac qui n’avait pas attendu le grand âge pour être un imbécile patenté. Mais c’est vrai qu’au moins aujourd’hui ce syndicalisme de la FNSEA, devenu une chambre d’enregistrement du régime, ne vous causera aucune nuisance pour peu que vous ne le priviez pas de ses picaillons.

La prévoyance doit être la qualité majeure du Politique. Or la menace de troubles internationaux qui suspendraient les échanges est réelle. La prévoyance doit donc, en temps de crise, assurer à un peuple le minimum nécessaire à sa survie, d’où le rôle vital de l’Agriculture qui doit être encadrée dans ce but, ce qui requiert la moindre dépendance des marches internationaux. Or l’imbécillité moderniste ne pose jamais le problème en ces termes, et j’insiste sur cette faille de notre régime.

Mais bien sûr cela ne saurait avoir priorité sur le fait d’un nouveau peuplement du territoire qui veut faire de l’Hexagone, une Hexocoranie. Dans cette perspective, le Pape et les Francs-Maçons voient dans la cité future, celle radieuse de paix et d’amour, plus idéale que ne l’avait rêvée Le Corbusier. Cela avec l’assentiment d’une administration formatée par L’ENA. Vos prédécesseurs sont entrés pleinement dans le projet, de sorte qu’il est aujourd’hui interdit de penser qu’il pourrait y avoir une relation quelconque, dans l’Hexagone, entre l’augmentation de la délinquance, et l’augmentation de la population Coranique. Mais je pense qu’à votre place, vous avez le droit de penser par vous-même. Il vous faudra donc voir s’il n’y a pas un rapport à faire entre les zones dites de « Non-droit » ou la « Charia » fait la loi, et les incidents comme les incendies de poubelles et de voitures, le saccage des lieux public, le caillassage des pompiers, et le dernier incident qui a vu deux policiers échapper à la mort de justesse….

Se sentant quelque peu concernée, la police a demandé le rétablissement des « peines –Plancher », ce que les membres du gouvernement -qui risquent un peu moins que les policiers -, auraient refusé. Par contre ils ont décidé la prison pour les joyeusetés de ce genre, comme si auparavant cette sanction n’existait pas ! Cependant, comme les prisons sont surpeuplées, on ne pourra y loger les délinquants du genre, qu’en libérant les condamnés bénins qui n’ont à leur actif que 2O, 30 ou 4O petites condamnations. Je ne suis pas sûr que la sécurité citoyenne y gagnera !

Un jour, et malgré les lourdes menaces qui pèsent sur les policiers auteurs de "bavures", des policiers malmenés tireront, bien qu’ils sachent qu’en principe ils n’ont le droit de tuer qu’après être fait tuer eux-mêmes, la riposte devant être proportionnée à l’attaque. Alors, s’il y a fusillade, on ne sait pas ce qui peut s’ensuivre, à partir de cités qui ressemblent à des poudrières, et avec un peuple qui s’est résigné à poser des fleurs là ou les islamistes posent des bombes. La république - qui eut des instants de virilité -, est devenue aujourd’hui une école de lâcheté, sous l’étiquette de l ’Humanisme.

Or l’humanisme dont on veut faire la nouvelle religion ne peut que se référer à la diversité des hommes, et l’humanisme qui découle de l’homme Staline n’est pas le même que celui qui découle de l’homme St François d’Assise. C’est donc une extraordinaire duperie que faire de l’humanisme, une sorte de super-charité dont devraient bénéficier aussi les chenapans ! La défense nationale, plus que toute autre, exige la rigueur, et parfois l’extrême rigueur.

Toutes proportions gardées, Monsieur le Président, je crains que sous le couvert de cet humanisme imprécis, vous ne deveniez quelque chose, comme un Kerenski hexagonal, et cela avec des intentions dont je ne mets en doute ni la sincérité ni la noblesse. Mais la république est aujourd’hui dans l’état des écuries d’Augias, tellement vos prédécesseurs ont laissé s’accumuler les immondices, et je préférerais que vous fussiez Hercule plutôt que Jupiter pour faire le ménage. Hercule possédait une massue, et il ne s’en servait pas comme d’un chasse-mouches.

Un président Herculéen, Monsieur le président rétablirait la peine de mort. Il donnerait l’ordre de tirer, sur les incendiaires de voitures, sur les saccageurs, et sur toute manifestation de désordre qui arborerait un drapeau étranger. Il y aurait certainement un petit bain de sang, mais pas deux ! Et nous assisterions à un reflux rapide des toute la conjuration, qu’elle soit religieuse ou politique, car les émeutiers de tout genre ne sont forts que de notre faiblesse …

Et si vous assortissiez ces mesures, d’une réduction immédiate de 50% de tous les salaires des élus politiques et de haute administration, non seulement cela ne refrénerait pas les véritables vocations, ni n’empêcherait de vivre (un peu moins fastueusement) les sanctionnés, mais immédiatement vous auriez l’assentiment populaire nécessaire à l’application des réformes. Car j’avoue n’avoir pas trouvé dans vos propositions la véritable stratégie qui pourrait éponger les 20 Milliards des dépenses excessives de l’Etat. Il faut donc commencer par le commencement.

D’abord supprimer totalement les retraites de préfets "honoraires" nommés par le favoritisme de Monsieur Hollande, puisqu’ils n’eurent jamais d’activité préfectorale, et toutes les prébendes et faveurs républicaines du même genre, c'est-à-dire s’en prendre au profiteurs tout azimut, et puis faire répondre les anciens chefs d’Etat de ces complaisances devant la justice. Et Je ne n’oublie pas dans ma vision justicière, les évadés fiscaux, car leur sanction, et celle de leurs complices administratifs pourrait également boucher quelques trous de notre dette.

Il n’y aura pas de salut autrement.

Je connais assez bien l’Histoire Monsieur le Président, et en sus j’ai une riche expérience de la vie. J’ai toujours la trace d’une balle communiste à deux doigts du cœur reçue en montant à l’assaut, j’ai encore à mes poignets la brûlure des menottes Gaullistes pour n’avoir pas accepté le dépeçage des harkis, j’ai le goût de la pitance des prisons républicaines pour avoir refusé la Soviétisation du syndicalisme agricole, J’ai dénoncé le fricotages des Fracs à la tête de la culture du Conseil régional d’Aquitaine et, responsable national d’un syndicalisme libre, j’ai exigé de n’être rétribué qu’au Smig désirant, le cas échéant, souffrir comme souffraient tellement de mes compatriotes. Avec ce bilan, comme le chantaient mes camarades Légionnaires sur la route de Zéralda, je ne regrette rien, sinon de n’avoir eu qu’une seule vie à donner à mon Dieu et à mon pays.

C’est donc en homme tout à fait libre, Monsieur le président, que je vous écris, pour vous souhaiter une année héroïque, face à la crapule rouge, verte, orange, noire, ou même tricolore dont vous devriez nous libérer, afin de rallier le restant des hommes d’honneur de la Nation.

Ce n’est pas que je pense avoir le talent d’enrichir votre réflexion monsieur le Président, mais comme toujours je fais ce que je crois devoir faire, avec de pauvres moyens, mais cela de tout cœur.

 

Alexis

 


 

Transmis par Jean Aznar

 



05/11/2018
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