Les phrases sarkoziennes du 26/03/2012

Les phrases sarkoziennes du jour.

 

"Je crois aux racines chrétiennes de la France"

Sur ce thème, le président est un récidiviste entêté. Il avait déjà avancé ce thème lors d’un discours au Puy-en-Velay. Outre le fait qu’une telle référence demanderait un bien plus long développement, je ne peux m’empêcher de craindre tout rapprochement entre Etat et Religion. Parmi toutes « les racines » qui forgent l’identité de notre pays, pourquoi choisir justement celle-là ? Je crains fort qu’il ne faille entendre « la France n’a pas et n’aura jamais de racines musulmanes ». Quelques jours à peine après les tragiques évènements de Toulouse, cette phrase est à tout el moins mal venue.

 

"Je m'adresse au peuple de France dans sa diversité et dans sa souffrance."

Pour la diversité, on est en contradiction avec la phrase précédente, comme on est en contradiction avec les déclarations de nombre de ses lieutenants. Après des années de division et de déstructuration de la société française, prétendre s’adresser à la diversité est pour le moins « culotté ».  Je note tout de même que le président fait état de la souffrance de nombre de français. Mais il oublie de regarder son bilan et de reconnaître en quoi il est responsable de cette souffrance.

 

"Nos compatriotes musulmans doivent savoir qu'ils n'ont rien à craindre sur le territoire de la République... "

Je pense qu’ils vont être ravis de l’apprendre. Mais il me semble que chaque jour pratiquement vient infirmer cette phrase toute faite.

 

"Supprimer le mot race de la Constitution est une insulte à ceux qui l'ont écrit, à l'esprit de rassemblement du CNR"

Il fallait oser et il l’a fait. Faire appel au Conseil National de la Résistance alors que lui et les siens détruisent obstinément tout ce que le CNV avait instauré.  « statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme... » (voir mon autre article ici) Il n’y a rien d’indigne à supprimer  ce mot de la constitution. Le CNR y avait fait  référence, mais c’était un autre temps, et aujourd’hui les conceptions ont évolué et le mot race n’a scientifiquement plus cours.

 

"Il est indigne de mettre en cause l'action des forces de l'ordre qui ont risqué leur vie" 

Si tel était le cas, je serais pour une fois entièrement d’accord avec lui. Mais il me semble que ce ne sont pas les forces de l’ordre elles-mêmes qui sont critiquées. Ces hommes ont accompli leur tâche éminemment dangereuse avec courage. Là n’est donc pas le problème. Par contre, ce que je remets en cause, ou du moins un point sur lequel le débat pourrait paraître légitime, ce sont les ordres qui ont été donnés, les solutions qui ont été retenues. Et cela ne remet en rien en cause le courage de ces hommes !


Je mets les deux dernières en exergue car elles dépassent ce qui est imaginable venant d’un personnage qui a en charge la gouvernance de la France.

 

La première est d’une insondable bêtise. On peut même oser dire qu’elle est en fait l’expression d’un fond de pensée raciste. Car en effet, quand on ose dire : « Deux de nos soldats étaient musulmans d'apparence »,  à quoi fait-on référence? Chacun d’entre vous aura certainement sa réponse. Je dis insondable bêtise, manque de maîtrise, indignes d’une personne avec de telles responsabilités. Il lui aurait si simple de dire que le tueur avait pensé que ces deux soldats étaient musulmans. Mais comme les mots ont un sens, la façon dont on les agence en a un également. Et ça n’est pas neutre !

 

Dernière phrase retenue : le président évoque les statistiques du chômage.

 

"Les chiffres de ce soir manifesteront une amélioration de la situation avec une baisse tendancielle de l'augmentation du nombre de chômeurs. Cette augmentation sera assez modérée"

 

« Une baisse de l’augmentation ». Ou comment triturer le langage pour dire que le chômage a encore augmenté en laissant penser que « c’est moins grave que si c’était pire ». Les nouvelles personnes « éliminées » du marché du travail apprécieront sans doute. Et le président pousse « l’audace » jusqu’à affirmer qu’il voit là un signe de  reprise économique. Tant pis si c’est sans doute une manipulation des statistiques qui masque une plus forte hausse encore.

 


 

Toutes ces phrases n'honorent pas celui qui les prononce. Elles ne le grandissent pas (l'esprit n'a pas de talonnettes lui), elle ne font pas du débat pour les présidentielles un débat riche et constructif.

 

 



26/03/2012
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