La nouvelle politique frontalière de l'Europe va-t-elle ajouter à la douleur des enfants de migrants africains?


Pour avoir un autre regard que celui complaisamment reproduit par nos médias soumis, il faut se tourner vers la presse étrangère. Anglaise en l'occurrence, traduction personnelle d’un article du Guardian.

 




https://static.blog4ever.com/2012/01/636480/a.gifrrêter les gens en Afrique, avant qu'ils ne s'approchent de la Méditerranée, et les trier en réfugiés et migrants, ne permettant qu'aux réfugiés de continuer vers l'Europe. C'est la grande idée qui est ressortie du sommet européen de la semaine dernière sur la migration.

Mais les militants disent que la situation difficile de 260 enfants coincés au Niger démontre qu'il n'y a aucune garantie que les pays de l'UE accueilleront éventuellement les réfugiés, même si les pays africains acceptent cet arrangement. En novembre, avec la révélation des histoires horribles d'Africains réduits en esclavage, emprisonnés et torturés en Libye, le Niger a accepté de servir de relai pour les réfugiés que le HCR, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, avait identifiés comme pouvant émigrer.


Evacués des camps de détention en Libye, les mineurs non accompagnés font partie des 1 200 personnes en attente de réinstallation au Niger. Majoritairement âgés de 14 à 17 ans, ils étaient tous en détention, et la plupart sont profondément traumatisés par la violence qu'ils y ont subie et dont ils ont été témoins. Mais jusqu'à présent, aucun pays n'a accepté de les accueillir.

"En Europe, nous avons beaucoup parlé de voies légales ", a déclaré la représentante du HCR au Niger, Alessandra Morelli. "Si nous voulons lutter contre la traite, si les personnes qui ont besoin d'une protection internationale, qui correspondent au profil des demandeurs d'asile, sortent de ce flux, je dois offrir une alternative. Sinon, de quoi parlons-nous ici ? Mais quand je les enlève, je n'ai pas d'alternative. Vous voyez ? C'est notre combat."

Environ 54 000 réfugiés et demandeurs d'asile ont été identifiés en Libye, mais plus personne ne peut partir tant que les 1 200 demandes au Niger n'ont pas été traitées.

Alors que l'Europe se demande comment empêcher les gens d'arriver sur ses côtes, les migrants continuent de mourir en mer: au moins trois bébés ont péri et 100 personnes ont disparu après le dernier naufrage au large des côtes libyennes vendredi. Le bateau gonflable a coulé après une explosion à bord, et seulement 16 personnes ont été secourues par les garde-côtes libyens, qui ont dû abandonner la plupart des corps en mer "faute de moyens", selon un capitaine des garde-côtes qui s'est entretenu avec l'AFP.

Les autres pays africains où l'Europe envisage d'ouvrir des centres de rétention ne sont pas mieux placés. Le Niger fait face à des crises sur de multiples fronts et compte des centaines de milliers de réfugiés et de personnes déplacées, qui ont fui la violence à la fragile frontière malienne et au Nigeria, où Boko Haram poursuit sa sanglante campagne.

Les rumeurs selon lesquelles on envisage d'accueillir en France des personnes actuellement retenues dans la ville nigérienne d'Agadez est l'une des raisons pour lesquelles 2 000 personnes, pour la plupart soudanaises, sont arrivées au cours des derniers mois dans l'espoir de prendre un vol pour l'Europe. Beaucoup d'entre eux dorment sur le sable, avec un mince morceau de tissu comme toit entre eux et les fortes pluies qui viennent de commencer, et la menace constante des serpents et des scorpions. Certains viennent de Libye, d'autres de camps de réfugiés de longue durée au Tchad.

"Les Libyens sont venus et ont pris notre argent et ont dit qu'ils nous tueraient ", a dit l'Ayat Abdallah, 17 ans, qui rêvait d'être médecin. A Agadez, elle a passé ses journées à apprendre aux plus jeunes enfants à écrire, en utilisant son doigt et le sable.... Avec la montée de la tension entre les Soudanais et la population locale, le Niger a rassemblé plus de 100 réfugiés, y compris des mineurs, et les a repoussés à la frontière libyenne. "La Libye n'est pas en sécurité ; ici on n'est pas en sécurité ", a déclaré Tom Ahmed, qui a été arrêté par des inconnus en Libye et emprisonné pendant six mois pendant qu'ils essayaient de lui soutirer de l'argent en le battant régulièrement. Morelli a dit que l'idée que les Soudanais avaient été attirés à Agadez par l'espoir qu'ils seraient choisis pour aller en France était un récit simpliste qui ne tenait pas compte, par exemple, du chaos dans le sud de la Libye. "Dire que le HCR a modifié l'itinéraire de migration est un peu trop facile, a-t-elle dit.

Un aspect de l'accord sur la migration conclu vendredi semblait s'effondrer avant même d'avoir commencé : quatre pays européens - l'Autriche, la France, l'Allemagne et l'Italie - ont déclaré qu'ils n'ouvriraient pas de "centres contrôlés" pour évaluer les demandes d'asile des personnes qui avaient été sauvées en Méditerranée. En même temps, ils demandent à certains des pays les plus pauvres et les moins sûrs du monde de faire ce que l'Europe ne fera pas.

Pour rappel, les 6 pays les plus riches ne reçoivent que 9% des migrants.

 



02/07/2018
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