Gilets jaunes, et maintenant!


https://static.blog4ever.com/2012/01/636480/l_6657445.gife mouvement des gilets jaunes me semble arrivé à la croisée des chemins... Et se pose de manière aiguë la question de la poursuite des actions.

Quelques évidences pour commencer. La journée de samedi 17, n'en déplaise au gouvernement et à une grande partie des médias a été une réussite. Une belle réussite. Tout a été fait pour en diminuer la portée, le sens, en manipulant les chiffres. Mais la vérité est têtue, tous les gens qui étaient dans les manifestations savent bien que le nombre de manifestants annoncé par Castaner est ridiculement sous estimé.

 

Le mouvement avait à l'évidence le soutien massif de la population. Qu'en est-il 5 jours après ? Il semble s'essouffler. Beaucoup moins de monde sur les points de assemblement, beaucoup moins d'actions menées, beaucoup moins de personnes impliquées, beaucoup moins de soutiens. Les gens se lassent, certains petits commerces par exemple souffrent .

 

Ce qui faisait l'attrait, l'originalité et la particularité de ce mouvement, un mouvement citoyen apolitique et non partisan, est-il en train de se retourner contre lui. Les groupes qui ont réussi à se mobiliser ne sont-ils pas en train de se déliter, laissant la place aux plus radicaux, certains n'ayant plus rien à voir avec l'idée originale. Les gens qui manifestent sont animés de bons sentiments et sincères, mais le manque d'habitude des mouvements de contestation est flagrant et nuit à l'efficacité.

 

Ici, il m'est permis de dire combien je suis scandalisé par l'absence des syndicats et des partis de gauche dans cette bataille. Ils ont beau jeu de prétendre être restés à distance en raison d'une prétendue récupération par le RN ou d'une dérive ultra droitière du mouvement. Hypocrisie totale, mensonge! L'extrême droite, là où elle a réussi à s'infiltrer de manière visible et envahissante n'a pu le faire que parce que l'espace a été laissé libre par les absents. Entendre aujourd'hui un représentant GT bafouiller pour expliquer son absence d'un mouvement de contestation est dramatiquement sidérant. Rien n'aurait empêché les militants rompus aux conflits à participer, apporter leur expérience, aider à canaliser le mouvement, le tout étant de le faire sous la bannière des gilets jaunes sans autre signe distinctif. Et c'était possible. A la condition de ne pas vouloir faire passer des intérêts de chapelle avant l'intérêt général. Si ce mouvement se dissout, ils en porteront une grande part de responsabilité.

 

Nous en sommes là aujourd'hui. Un mouvement qui se fissure, qui se cherche et qui sent que le pouvoir ne lâchera rien !

Alors, la question est posée : comment continuer et se réorganiser ? Comment retrouver le soutien de l'ensemble de la population, et engager de nouvelles actions capables d'infléchir la politique de ce gouvernement ?

 

J'avoue être dans le doute.

 

Peut-être faudrait-il dans un premier temps structurer. Créer dans chaque département par exemple des collectifs dûment repérables, avec des « coordonnateurs » qui seraient porte-paroles et pourraient se concerter avec l'ensemble des collectifs et ainsi mettre en place des actions ciblées. Cette structure permettrait je l'ai dit une visibilité, le dialogue par exemple avec les municipalités, les médias, d'autres associations, et une certaine maîtrise sur les actions, n'étant reconnues et soutenues que celles décidées par les collectifs et approuvées par une majorité de participants.

 

Les cibles : elles devraient être choisies par leur capacité de nuisance à l'état et son fonctionnement et éviter de pénaliser les français. Toucher l'état là où ça fait mal... L'argent !

 

En tous cas, cesser de penser que quelques personnes dispersées sur le territoire, quelle que soit leur énergie et leur motivation pourraient faire plier le pouvoir.

 

Il faut se remettre en question, fédérer, amener d'autres français dans le mouvement, élargir l'audience, rendre le mouvement sympathique, débarrasser les manifestations des éléments perturbateurs qui ont émergé ces dernières heures, mettre en place une structure destinée à durer et porter pour un certain temps le projet de faire cesser cette agression du pouvoir contre le peuple français. Ce n'est pas facile, n'en doutons pas, mais c'est à ce prix qu'il sera permis de ne pas désespérer et d'installer dans le pays un véritable contre pouvoir.

 


 

 

Ajout du 25/11/2018

 

Après les évènements du 24/11/2018, après avoir entendu sur quelques médias que certains partis ou syndicats ou autres allaient rejoindre les gilets jaunes, il devient de plus en plus urgent de s'organiser pour ne pas être phagocytés et voir le message récupéré ou dtourné. j'entends que certains se présentent comme porte-paroles du mouvement... Avec quelle légitimité.

 

Donc, je le redis, il faut se structurer, créer des collectifs avec des coordonnateurs élus par des assemblées, avec une charte et des propositions, avec des modalités d'action admises par la majorité également, avec mission d'entrer en contact avec des structures identiques dans d'autres lieux et ainsi générer un mouvement national capable d'être un interlocuteur auprès des autorités et de la presse.

 

Ce n'est que mon humble avis, mais j'ai la certitude que sans cela, le mouvement sera submergé et ses revendications passeront aux oubliettes.

 

 

 



21/11/2018
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