Gilets jaunes: Et maintenant, on fait quoi?


12 semaines ! Je pense que le mouvement gilets jaunes est à la croisée des chemins. 12 semaines avec beaucoup de dommages collatéraux, et bien peu d’avancées si ce ne sont quelques nuages de fumée présidentielle.

 

12 semaines de délire présidentiel, 12 semaines de mensonges médiatiques, 12 semaines de déclarations fracassantes du sinistre de l’intérieur, 12 semaines de bruit et de fureur, mais toujours aucune solution à l’horizon.

 

Ils ont du mérite les gilets jaunes, ils méritent le respect. Galériens fatigués, ils ont encore l’énergie et l’obstination intactes pour continuer. Présents la semaine, rassemblés les samedis, « révolutionnaires du week-end » comme j’ai pu le lire odieusement répété sur les réseaux sociaux. Ils sont là, fidèles à l’idée première du mouvement, solidaires, fraternels, fiers d’avoir relévé la tête et d’être certains que plus jamais ils ne baisseront les yeux.

 

Mais au-delà ?

 

Le pouvoir, même s’il a trébuché notamment le premier décembre, est toujours en place. Macron ne semble pas prêt à la moindre vraie concession, avec le soutien de forces de police d’une violence encore jamais connue sur notre territoire.

 

Et voila bien pourquoi il faut se poser la question de l’avenir proche. J’ai la conviction que ce mouvement ne peut pas rester en l’état sinon accepter de disparaitre !

 

Mais continuer comment ? Les très nombreuses réticences exprimées par nombre de manifestants témoignent d’une intransigeance qui ne facilite guère la propagation du mouvement. Ni leaders, ni chefs, c’est joli, mais ça ne facilite pas l’organisation, le dialogue, une nécessaire convergence des luttes.

 

Et oui, j’ose le mot et ce qu’il sous-entend. Les gilets jaunes ne doivent pas rester seuls. Ils occupent le terrain, certes, mais le rapport de force n’est pas suffisant pour entraîner la capitulation du pouvoir. Il faut unir et s’unir, multiplier les participants, fédérer, ajouter les colères aux colères, les revendications aux revendications. Le nombre et une véritable action susceptible de gripper le système en jetant du sable dans les engrenages.

 

Si on pouvait faire la somme de tous les mécontentements, de toutes les rancœurs, de toutes les détresses, de tous les gens qui se sentent déconsidérés, maltraités, négligés, épuisés.

 

Ce n’est pas parce qu’on est seul qu’on a raison et qu’on est exempt de tout reproche. Il faut en finir avec cette angoisse de la récupération, le refus de marcher aux côtés d’autres militants, il faut quitter cette posture auto-satisfaite et reconnaitre dans l’autre ce qu’il a de spécifique et d’indispensable à la lutte.

 

Voila, je ne sais mieux le dire, je crains que ce magnifique mouvement ne se dilue dans la stratégie habile et destructive mise en place par Macron.

 

Il le faut, parce que ce mouvement a fait peur au pouvoir et les réponses uniquement sécuritaires auxquelles ils s’accrochent prouve que cette peur n’est pas tombée et je suis certain que ce qu’il redoute le plus c’est justement que tous les manifestants potentiels sans renier ce qui fait la spécificité de chacun, ne trouvent enfin le chemin de l’union.

 



03/02/2019
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