En quoi serais-je plus français qu'un autre?




https://static.blog4ever.com/2012/01/636480/c_6653902.gifette question à elle seule me pose un énorme problème.
Quelle circonstance a fait de moi un français de droit autre qu’une naissance dont je n’ai même pas été demandeur ?
Mes parents étaient français, ainsi que maintes générations avant eux, et alors ?
Qui de tous ces ancêtres avaient réellement une envie d’être français ?
Tout cela n'est pour la plus grande majorité d’entre nous qu’un simple fait de transmission génétique, rien de plus.
On pourra me dire que certains de mes aïeux se sont battus pour la France, ont apporté leur participation à la collectivité tout au long de leurs vies ou bien nombre d'autres choses qui ont fait qu’ils ont été français dans leurs actes.
Mais moi, à part ce lien génétique en quoi suis-je plus français que ces millions d’autres français qui se sont battus également pour ce pays, qui l’ont reconstruit quand nous n’étions plus assez nombreux pour le faire, qui ont fui des dictatures, des guerres et qui ont vu dans la France un choix de vie qu’ils rêvaient d’avoir ?
Ces millions d’hommes, femmes et enfants qui aujourd’hui sont ici parce qu’eux l’ont choisi sont en réalité tout autant français que moi!
C’était leur utopie, leur idéal, un feu de cheminée venu cautériser leurs vies brisées dans leurs patries originelles.
Mais au plus profond de cette société, ceci n’est toujours pas suffisamment admis par la majorité des personnes.
Il y a toujours chez l’autre quelque chose qui fait que ce droit lui est refusé à un moment de sa vie, qu’il ait acquis ce droit de naissance tout comme moi ou bien qu’il ait choisi de faire à un moment donné de sa vie le choix d’appartenir à cette société.
Ce sont toujours les mêmes choses qui rendent certains français moins français que d’autres: un nom, une couleur de peau, un accent, une langue mal maîtrisée, une religion, une « insuffisance » générationnelle…
Tout est prétexte à jugement pour affirmer une légitimité que nous héritons tous d’un droit, et uniquement d’un droit.
Ce droit en réalité ne fait de nous que de simples figurants de cette société dans laquelle nous nous plaisons à vivre, des figurants et non des acteurs.
Nous nous réclamons souvent d’un passé pour légitimer  notre présence alors que dans notre présent rien ne la légitime plus que la présence d’un autre ; ni nos actes, ni notre couleur qui n’est que le fruit d’évolutions anthropologiques et génétiques, ni notre nom qui n’est qu’une transmission dont nous ne sommes que les simples receveurs, ni notre religion qui bien souvent est plus un fait de coutumes que de croyances mais, qui lorsque cela arrange certains, est brandie comme un étendard encore plus infranchissable que les autres.
Alors non, je ne me sens pas plus français de droit aujourd’hui que d’autres  français. Pas plus que ces descendants de phéniciens, romains, grecs, italiens, espagnols, portugais, polonais, algériens, marocains, tunisiens, maliens… qui un jour eux ont fait le choix de le devenir alors que pour moi ce n’était qu’un droit qui m’était simplement transmis, sans aucune volonté de ma part, ni, encore moins, par un quelconque mérite transmis.
Sont français tout autant que moi toutes ces âmes qui participent à la vie de ce pays avec leurs modestes moyens, tout comme j’essaie de le faire jour après jour en essayant d’être digne de ceux qui l’ont fait avant moi quelles qu'aient été leurs origines où leurs durées d’ancrage à cette France qui malheureusement, je l’avoue, me donne souvent envie de pleurer sur tout ce qu’elle est en train de perdre d’humanité par trop de peur, d’intolérance et d’ignorance.

 

 

Charles Robert.

 



26/02/2018
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