Des nouvelles du gaz. Novembre 2014

 

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égulièrement, je vous fais un petit résumé de ce qui se passe dans l’univers impitoyable du gaz de schiste. Plus que tous les arguments que l’on peut présenter ici où là, il est important de connaître un certain nombre d’évènements liés à cette industrie controversée.

Les électeurs de Denton, localité de 123.000 habitants dans le nord du Texas, se sont prononcés pour l'interdiction de la fracturation hydraulique. Le résultat de ce référendum, qui devrait faire l'objet de recours en justice, a été salué par les organisations écologistes qui y voient une alerte lancée contre les risques associés à ce procédé. Dans ce secteur où est née la fracturation, cette prise de position de la population est révélatrice.

Le mythe du miracle gazier américain a du plomb dans l’aile. Si l’exploitation du gaz de schiste a participé au redémarrage de l’économie américaine, c’est en grande partie grâce à l’Etat fédéral qui, via de multiples exonérations fiscales sur les forages, subventionne massivement les opérateurs. Le gaz est vendu à perte aux USA, et la chute actuelle des cours du pétrole ne devrait pas arranger des entreprises déjà dans la tourmente financière.

Au royaume uni, un rapport vise les «  implications du fracking au Royaume Uni par rapport aux droits de l’homme » … Il précise notamment que « le gouvernement du Royaume Uni a le devoir évident et urgent d’enquêter intensivement sur les implications du fracking vis-à-vis des droits de l’homme avant d’autoriser de quelconques opérations d’exploration ou d’extraction utilisant le fracking. » Les auteurs «recommandent vivement un moratoire sur la mise en œuvre d’opérations du fracking tant qu’une estimation complète, financée par des fonds publics, indépendante de l’industrie (du pétrole et du gaz ), des impacts du fracking par rapport aux droits de l’homme ( Human Rights Impact Assessment, HRIA ) n’aura pas été faite de façon appropriée et placée dans le domaine public. » Tout en notant que le gouvernement actuel du Royaume Uni est en train de promouvoir activement le fracking malgré les impacts bien documentés sur la santé et l’environnement constatés aux USA et ailleurs, les auteurs du rapport soulignent le fait que, jusqu’à présent, « il n’y a eu quasiment aucune prise en compte au niveau politique des dimensions du fracking par rapport aux droits de l’homme. »… Voila une démarche plus qu’intéressante.

Aux USA toujours, des géologues locaux dont beaucoup ont travaillé pour les compagnies pétrolières ou dans l’enseignement depuis des décennies, déclarent qu’il faut « protéger le Comté de Santa Barbara  de l’augmentation massive de l’extraction de pétrole non conventionnel et que son développement pose une menace existentielle pour l’environnement local. » Ils confirment « des risques graves pour l’approvisionnement en eau si on laisse la production massive et intense du pétrole s’étendre. » Ils ajoutent « Pourquoi devrions-nous risquer la sécurité de notre approvisionnement en eau pour se précipiter à approvisionner le marché mondial avec notre offre locale de pétrole?», « nous devons garder notre approvisionnement en pétrole dans le sol jusqu’à ce que nous en ayons vraiment besoin au niveau local, et puis l’extraire seulement si la technologie a progressé au point où il n’y a aucune menace pour notre eau potable.  » … On en est loin !

En Espagne, le Ministre de l’Industrie, de l’Energie et du Tourisme, José Manuel Soria, a défendu au Sénat, fin octobre, la position du gouvernement qui est favorable aux projets d’exploration d’hydrocarbures de schiste et à l’utilisation de la fracturation hydraulique afin de limiter la dépendance énergétique. Elle se traduira par une modification de la loi sur les hydrocarbures, autorisant les prospections et les recherches pour déterminer si il y a ou non du gaz dans le sous-sol espagnol, aussi longtemps que celles ci se feront dans le respect des normes de sécurité et environnementales espagnoles et européennes en la matière a-t-il déclaré. Compte tenu de la crise qui frappe ce pays, je crains que les réserves sur les normes de sécurité ne soient que poudre aux yeux.

L’Argentine elle aussi vote une réforme qui a pour but de susciter des investissements sur le gaz et le pétrole de schiste. Le député de l’Union civique radicale (UCR) Mario Negri estime que la nouvelle législation brade les ressources naturelles pour se procurer des devises à tout prix, dans un contexte de diminution des réserves en dollars de la Banque centrale d’Argentine.

Ces quelques infos mettent l’accent sur deux points importants.

Lorsque des organismes ou des chercheurs réellement indépendant se penchent sur cette industrie, le tableau qu’ils en dressent est nettement moins idyllique que celui que présentent les lobbys notamment en France.)

Dans nombre de pays, la crise est l’argument ultime pour faire accepter aux populations l’inacceptable. En France, les déclarations récentes de l’ex-président Sarkozy sont à ce titre exemplaires… refuser la manne gazière serait de son point de vue criminel. (Mon article du mois précédent a démonté cette argumentation).

Que l’on reste donc vigilant, il est clair que industriels et politiques complaisants nous resserviront le plat du gaz dans les temps à venir.

 

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25/02/2015
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