LE MONDE ENTIER DEVIENT FASCISTE


Glaneurs de bonnes nouvelles, accrocs d’espoir et d’optimisme, adeptes de la pensée positive, naïfs et angéliques de tous poils, fuyards de la dure réalité et de la lutte qui en découle, passez votre chemin.

 

Bon, les autres étant partis, on ne va pas se mentir : la période actuelle est peut-être notre dernière chance d’en finir avec le capitalisme et sa mutation saisonnière encore plus mortifère qu’à l’ordinaire. En effet, une nouvelle ère ultra-autoritaire nous menace, tous azimuts, et pourrait, cette fois, être irréversible. Quoi ? Vous pensez que j’exagère ?

 

Epluchez quelques minutes le trombinoscope mondial des lascars qui prétendent gouverner nos vies. Dans le tumulte et la peur, jour après jour, mois après mois, du Nord au Sud et d’occident en orient, le monde entier, ou presque, est en pleine dérive vers le fascisme.

 

Rien d’étonnant à ce phénomène : l’abrutissement des foules, l’économie de la misère et la destruction du bien commun poussent logiquement au crétinisme, à l’égoïsme et à la guerre. Le stade ultime du capitalisme, depuis toujours, c’est le fascisme. Et la prochaine crête se rapproche.

 

Le fascisme ne revient pas seulement avec de nouveaux visages et de nouveaux dogmes (pas très nouveaux en réalité). Il revient aussi accompagné de nouveaux outils technologiques qui rappellent les prophéties littéraires de Huxley et Orwell : un panel de moyens de plus en plus sophistiqués pour fabriquer l’opinion, contrôler les comportements et réprimer les transgressions. Le kit parfait pour satisfaire pleinement les trois obsessions totalitaires du fascisme (manipuler, surveiller et punir) est désormais disponible en magasin. Les tyrans du passé peuvent se retourner dans leur tombe : ils ont raté le coche.

 

Cette menace se situe également dans son échelle globale, sur une planète qui n’a jamais paru aussi petite et vulnérable. Le retour en force du fascisme s’appuie opportunément sur la mondialisation des échanges qu’il dénonce partout comme la cause principale de tous les maux : l’argent serait l’apanage d’une religion en particulier, la domination celle d’un drapeau plus que d’un autre, et le pouvoir celui d’un seul groupe de personnes exceptionnellement machiavéliques. Autant d’interprétations tournées vers un passé mythifié qui permettent d’éviter de poser clairement la question de l’argent, du pouvoir et des rapports de domination dans la société. Sous couvert de récit salvateur et libérateur, le fascisme ne fait que changer de main et de visage tout en redoublant d’atrocités. Sauf qu’à force de progresser dans l’horreur, de générations en générations, il est très possible sinon probable que ce soit encore pire la prochaine fois.

 

C’est précisément le dernier problème de cette menace qui approche : les armes ont changé. L’ère est au fascisme atomique. D’un bout à l’autre du globe, il ne dispose plus seulement de panzers, de stukas, de fusées V2, d’orgues de Staline, de kamikazes aéroportés et autres horreurs historiques de l’industrie mortifère. Il est prêt, désormais, pour l’assaut final. Trois millions d’années après le gourdin et la pierre, l’être humain dispose indéniablement des moyens d’anéantir l’humanité toute entière à la prochaine folie de ses chefs.

 

Cette menace grandissante n'est pas seulement militaire, mais aussi écologique : alors que le capitalisme détruisait déjà la planète à grand pas, le cancer du fascisme s'apprête à détruire définitivement le poumon de la planète qu'est l'Amazonie.

 

Mais l'Histoire n'est pas finie. Nous pouvons encore changer le cours des choses, à condition de traiter le problème à la racine.

 

Sortir du capitalisme est la seule manière d’échapper à son cycle infernal, de plus en plus périlleux. En finir avec la société autoritaire est l’unique moyen de ne pas subir les pires caprices de ceux qui la dirigent. Et, surtout, cela ne peut plus attendre : des hochets sans précédents entourent le berceau des futurs tyrans. Le temps nous est compté. Sans quoi, un jour, il sera trop tard.

 

C’est pourquoi, au-delà des apparences, changer profondément la société n’est pas seulement l’intérêt des opprimés d’aujourd’hui, des classes les plus asservies, des humains dont la vie est la plus insupportable, mais aussi le seul moyen pour tous les autres d’échapper au pire.

 

Il n’y a pas d’autre issue : détruisons le capitalisme et le pouvoir, avant qu’ils ne nous détruisent.

 

Yannis Youlountas

 

Proposé par Jean Aznar.

 



20/01/2019
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