L'Euro-Mark et l'Euro de Martin.

Voici une suite à l'étude allemande sur l'euro; je me suis inspiré d'un article de journal que j'ai en partie transformé. Des opinions contradictoires seraient bienvenues étant donné que l'on n'est jamais sûr de détenir vraiment la vérité, mais si vous jugez que l'article s'approche d'une certaine vérité on peut peut-être le passer.

 


 

 


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uite à l'étude allemande, l'euro aurait particulièrement nui aux Français.
Selon cette analyse (autopsie pour la France ?) du Centre de Politique Européenne, la monnaie unique européenne a largement bénéficié aux Allemands (23 000 € par habitant) et énormément coûté aux Français et aux Italiens.


Malheur à l’Europe du sud.


Malheur à ceux vivant au sud de l’Allemagne – et au premier chef, les Français : depuis vingt ans, les Allemands aurait chacun encaissé 23 000 € pour le sacrifice du Deutschemark – une très bonne affaire – tandis que chaque Français aurait déboursé – oui, payé ! – 56 000 € pour avoir le plaisir d’abandonner le franc, une somme bien supérieure à l’endettement public par tête. Un chiffre en vérité astronomique. Pour le Centre de Politique Européenne, ce ne serait pas un argument pour en finir avec l’euro. Tout au contraire, il s’agit d’une démonstration que c’est bien à son modèle social trop généreux que la France doit renoncer, pour tirer (enfin) profit de la devise européenne – raisonnement parfaitement cohérent d’un point de vue libéral. De là à en tirer la conclusion que le franc permettait à notre pays, ainsi qu’à nos voisins méditerranéens de se sauver économiquement…
Le système libéral argumente ici sur une raison de plus de fusiller les services publics à la française. Alors qu'avant la création de la monnaie européenne les services publics à la française fonctionnaient très bien et la France n'avait pas une dette énorme. On se garde bien de le signaler.
Si la « prospérité partagée » n’est réservée qu’à la zone nord-euro et que, pire encore, la zone sud se voit condamnée à l’appauvrissement permanent, que conclure sinon que les promesses faites ne se révèlent que pieux mensonges ?

Voyons l’Italie, dont le PIB a stagné voire décru depuis vingt ans, tandis que l’Allemagne affiche une croissance supérieure à 20% sur la même période. Selon la même étude, ce ne serait pas moins de 73 000 € que l’ancien ECU aurait coûté à chaque italien. On en reste interdit et plus encore, inquiet. Une situation aussi inacceptable, n’explique-t-elle pas les situations politiques explosives en Italie ou en France ? On a vu des injustices moins grandes conduire à d’authentiques révolutions et même à des guerres.


N'y aurait-il pas en France une perte de la valeur de l'euro, une inflation strictement française, italienne, qui ne se déclare pas, qui est camouflée ? Depuis la mise en place de cette monnaie le prix de l'immobilier français a « en moyenne » doublé, explosé dans les grandes villes (obligeant la classe moyenne à s'expatrier, à quitter les centres) ; on peut faire le même constat sur d'autres produits qui ont même plus que doublé, contraignant les français pour acquérir un bien ou une marchandise à allonger sur la table de plus en plus de billets. Et cette perte du pouvoir d'achat n'est pas couverte par une augmentation substantielle des salaires, du smic, ne parlons pas des retraites qui sont bloquées et laminées par la CSG. Comparez certains salaires français avec certains salaires allemands, anglais : le prof allemand, anglais est ainsi beaucoup plus payé, ce n'est qu'un exemple.


Avec cette politique restrictive on est en train d'étouffer l'économie et la classe moyenne. Le leitmotiv devient « attaquons nous à la dette publique », et un moyen d'y arriver est de rogner les services publics, moins d'hospitaliers, moins de profs, etc., de dénationaliser à tout va (quoiqu'il ne reste plus grand chose à sauver), de se débarrasser de la sécu, de la SNCF, d'EDF, etc.


Si on continue sur cette lancée le cheval sera guéri, oui, mais il sera mort.


Ne pourrait-on rouvrir le débat sur l’euro ?
Du courage !
Quoi qu’il en soit, les libéraux français, qui cogèrent un système monétaire apprécié des Allemands (et on a bien compris pourquoi les Allemands adorent l'euro) doivent accepter d’en débattre. Leur discours se résume souvent à “l’euro-est-une-chance-pour-l’Europe” – on connaît la chanson. Mais s’agissant de l’euro, comme d’autres “chances pour la France”, on aimerait sortir des leçons de morale et des incantations progressistes, des vœux mystiques adressés à Sainte Europa.
Les Français se seraient saignés à hauteur de 56 000 € par tête pour une monnaie qui bénéficieraient à d’autres ? Quel homme politique qui place l'intérêt de la nation au-dessus de tout aura le courage de dire : “Rester dans l’euro, c’est mettre fin très rapidement à notre modèle social et continuer à régler chacun, comme depuis vingt ans, 233 € par mois.” On parlera alors de maladie chronique, d'arthrose économique.


Si jamais la voix de Martin (Français moyen) s’élève dans la salle pour poser la question suivante “Ce serait vraiment une bêtise de dissoudre l’euro ? Parce que moi, les 233 € /mois, ça m’arrange de les garder...”. Pas sûr qu'il soit le seul sur le coup, pour une fois. Les millions de Martin derrière lui, sont là pour pousser et tempêter avec lui : « T'as raison Martin ! On est avec toi, Martin ! Fonce ! »

 

Mimi



03/03/2019
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