Gaz de schiste: Aller au-delà de la fracturation hydraulique.


Il est plus que temps de mon point de vue de réorienter la lutte contre le gaz de schiste.

 

La presse mentionne une forte présence des lobbyistes de GDF SUEZ à l'université d'été du PS à La Rochelle. Objectif avoué, faire avancer auprès des ministres présents le dossier gaz de schiste. En mettant en avant l'éventualité d'un gain de 2 points de croissance et la baisse des coûts de production et d'importation. Discours apparemment bien entendu et assimilé par certains...

Ceci signifie clairement ce gouvernement se range progressivement aux arguments des pétroliers et gaziers. Cela signifie que le dernier rempart à l'exploitation des gaz de schiste est la fracturation hydraulique. Cela signifie, de manière évidente que l'on va nous présenter dans des délais de mon point de vue très brefs une technique d'extraction prétendument non polluante. Et le tour sera joué, il n'y aura plus d'obstacle.

 

Il est donc temps d'affirmer l'opposition globale à cette exploitation. Il est donc temps de montrer que c'est la chaîne entière de production qui fait courir de graves dangers à l'environnement et aux populations. Cesser de rester l'œil rivé sur la seule fracturation hydraulique. Nous ne voulons pas que des territoires entiers soient transformés en champs gaziers.

On me dira donc que j'exagère, qu'il n'y aura pas tant de puits que ça, que l'environnement sera très peu impacté. Alors, permettez-moi de faire un certain nombre de remarques accompagnées de photos et de chiffres.

 

Première idée, cette exploitation doit être rentable. Donc, du gaz doit être extrait en quantité suffisante (en grande quantité donc). Toutes les études disponibles montrent que la durée de vie d'un puits est relativement brève, que la production chute très vite pour atteindre un niveau non rentable qui entraîne la fermeture du puits. Notez qu'à ce stade, du gaz continue à s'échapper des zones fracturées et entreprend une migration totalement non maîtrisable. (Première objection donc!)

Durée de vie brève des puits, risque de production insuffisante entraînent immanquablement la multiplication des forages et une forme de fuite en avant.

 

Seconde idée, on nous montre les USA en exemple, en oubliant de mentionner certains points d’importance. Tout d’abord que les Etats Unis, ce sont plus de 9,6 millions de km2. 17 fois la superficie de la France pour une population seulement 5 fois supérieure. Donc, d’immenses zones inhabitées exploitables sans que les populations ne s’émeuvent. Aujourd’hui, c’est parce que l’industrie se rapproche des villes (voir même y entre) que les américains s’émeuvent et manifestent.

Pour continuer ma démonstration, évoquons le cas de la Pennsylvanie. Cet état a vu « fleurir » de l’ordre de 71000 puits sur une superficie de 120000km2, ce qui fait en moyenne un puits tous les 1,7km2. Une pareille densité de puits ramenée à la superficie du Lot par exemple amènerait à 3068 puits… Que devant de tels chiffres on ose me dire que l’impact sur l’environnement restera négligeable. Et ne nous faisons aucune illusion, le sacro saint principe de rentabilité oblige à forer toujours plus. Quelques puits produisant quelques m3 de gaz n’intéressent personne. S’ils viennent, ils foreront et ce jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une bulle de gaz dans notre sous-sol.

Evoquons les accidents maintenant. Qui oserait dire qu’il n’y en aura aucun, et qui donc peut garantir qu’ils n’auront aucun impact sur m’environnement et les populations. Bien que les foreurs essaient de nous persuader de leur maîtrise du processus, les accidents se multiplient aux USA. Ce lien vous mènera à une carte interactive qui en fait le bilan, provisoire hélas!

 

Sur la carte suivante, j’ai surimposé l’état de Pennsylvanie et les accidents recensés sur une carte de France. Ça me paraît plus parlant ainsi. Fréquence et rapprochement dans l’espace des accidents en font un argument supplémentaire pour le refus.

 

 

Et afin d’apporter encore un peu d’eau à mon moulin anti schiste, quelques photos pour bien prouver que ce n’est pas seulement la fracturation qui doit être remise en cause.

Ces photos sont réalisées à partir de Google Earth. Un survol de la Pennsylvanie révèle toute l’ampleur et l’horreur de cette exploitation. Regardez bien l’impact des sites de forages, des stations de stockage et de traitement, des gazoducs. Regardez ces fermes, ces maisons individuelles littéralement submergées, envahies. Rapportez ces images à nos petits territoires et dites moi si c’est acceptable. Ecologiquement, socialement, humainement acceptable !

 










 


  


  


 



 



 

Nous n'accepterons jamais que nos maisons, nos fermes, soient comme toutes celles que vous voyez sur ces photos. Nous ne voulons pas de ces hectares de terrains éventrés, dépouillés de leurs arbres. Nous ne voulons pas de ces gazoducs comme des plaies béantes dans nos forêts et nos champs. Nous ne voulons pas de cette énergie du passé qui retarde la transition. Nous ne voulons pas d'un avenir qui ne laissera que des cendres, de la fumée et de la boue.

 


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30/08/2012
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