Ces industriels qui conseillent Merkel, Hollande et Barroso


https://static.blog4ever.com/2012/01/636480/a_6657435.gifngela Merkel et François Hollande ont rencontré à plusieurs reprises les dirigeants d’un puissant lobby, la Table ronde des industriels européens (ERT), pour préparer les prochaines étapes des politiques économiques communes, au service des multinationales européennes, mais pas de la démocratie.

La virulente polémique entre le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg ne serait-elle que pure façade ? Après ses propos qualifiant la position française sur l’exception culturelle de« réactionnaire », José Manuel Barroso est accusé d’être « le carburant du Front national » par Arnaud Montebourg, lequel n’est pas le seul en France à s’en prendre au président de la Commission européenne, depuis que les chefs d’Etat et de gouvernement ont autorisé l’ouverture des négociations pour un accord de libre échange entre les Etats-Unis et l’Union européenne.

Cette polémique est-elle cependant fondée ? Loin des controverses, ces derniers mois, plusieurs rencontres ont montré que les dirigeants européens Angela Merkel, François Hollande et José Manuel Barroso accueillent volontiers les industriels et leurs conseillers pour discuter des politiques européennes préparant le futur pacte de compétitivité.

La préparation de cette étape vers un libéralisme débridé nommé « compétitivité » était au cœur des débats, le 18 mars, lors d’un dîner organisé entre le chef de l’Etat français, la chancelière allemande et le président de la Commission européenne. Ce jour-là, les trois dirigeants européens sont entourés d’une quinzaine de patrons de la Table ronde des industriels européens (European Round Table of industrialists, ERT), un des lobbies les plus puissants d’Europe, présidé par Leif Johansson, PDG du groupe suédois Ericsson, dont l’objectif est de défendre les intérêts des multinationales européennes.

Au menu, si l’on peut dire, la politique de concurrence, la politique énergétique, la flexibilité du marché du travail et l’innovation. François Hollande s’y distingue, en déclarant : « Nous devons tout faire pour que la compétitivité de l’économie européenne soit la plus haute possible ». A la suite de ce dîner, et à la demande d’Angela Merkel et de François Hollande, un « groupe de travail franco-allemand » est constitué.

Qui en sont les membres ? Laurence Parisot, pour le Medef, Hans-Peter Keitel pour le Bundesverband der Deutschen Industrie (BDI, Confédération de l’industrie allemande), autour deJean-Louis Beffa, président d’honneur de Saint-Gobain, président de Lazard Asie, et Gerhard Cromme, président du conseil de surveillance de Siemens, ces deux derniers étant membres de l’ERT.Aucune organisation de la société civile, syndicale, environnementale, altermondialiste, n’est conviée à ce groupe de travail, fort discret, qui rédige en trois mois un rapport de seulement huit pages, intitulé sobrement : « Compétitivité et croissance en Europe ».

Jean-Louis Beffa et Gerhard Cromme le remettent le 30 mai à François Hollande et à Angela Merkel  (le télécharger ici). « Les choix sont inquiétants », commente le Corporate Europe Observatory (CEO), qui a publié un article sur la grande proximité entre l’ERT et les dirigeants européens (lire ici). « Les exigences de l’ERT consistent à mettre l’Union européenne entièrement au service des entreprises, rien de moins ».

 

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30/06/2013
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