09:10, mon téléphone sonne.


https://static.blog4ever.com/2012/01/636480/u_6653920.gifne voix paniquée qui me dit « Police problem police problem please come ». Je ne suis pas à Calais aujourd’hui. J’ai prévenu mes petits camarades. Le temps qu’ils arrivent tout sera probablement fini - comme souvent.
Bilan : ils sont arrivés, plusieurs personnes se sont faites asperger de gaz lacrymo.
On propose d’accompagner chez le médecin, on apporte de l’eau pour rincer les visages.
On m’a déjà dit « mais à quoi ça rime ? Tous les jours c’est pareil. La police vient, nous frappe. Vous arrivez. On va chez le docteur, il nous soigne. On repart. Et le lendemain tout recommence. »
Je pense à terme développer un cancer de frustration, de colère et de sentiment d’impuissance accumulés. Admettre mon / notre incapacité à protéger effectivement des gens qui ont fuit la misère et la guerre dans leur pays de la violence déployée par mon propre État, ça me mine.
J’ai raccroché j’avais envie de pleurer.
C’est les mêmes gars qui ont vu leurs tentes et affaires confisquées hier matin. Est-ce que laisser des gens exister paisiblement plus de 24h c’est trop en demander à la police française ?
Ce qui se passe à Calais ce n’est pas juste l’œuvre de quelques moutons noirs. C’est tous les jours. C’est systématique. Ça fait des mois et des mois (voire en fait des années) que cela dure.
J’ai jamais eu aussi honte de dire que j’étais Française. Et pourtant les gars trouvent encore un je ne sais pas quoi en eux pour ne pas nous détester et dire « ah, France... Beautiful country ».

 

Mathilde Robert

 



03/05/2018
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